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épisode 1 : comment peindre après Picabia et Richter ?
Expositions > Arts plastiques
du 16 novembre 2007 au 16 février 2008

Yves BELORGEY
Préparation de la Muraille de Chine en vue de son explosion, 2000
Huile et glycéro sur toile, 240 x 240 cm
Collection FRAC Limousin / © Y. Bélorgey
 

Yves Bélorgey
Glenn Brown
Werner Büttner
Nina Childress
Florent Contin-Roux
John Currin
Daniel Déjean
Gabriele Di Matteo
Andréas Dobler
Franck Eon
Ernest T.
Simon Linke
Philippe Mayaux
Damien Mazières
Julian Opie
Joan Rabascall
André Raffray
David Renaud
Ed Ruscha
Daniel Schlier

« Je ne veux pas copier des photos, je veux en faire »
Gerhard Richter (1)
Après une première exposition de peinture abstraite l’hiver dernier (« Au delà de la géométrie : art construit, minimal, sériel »), le FRAC Limousin présente aujourd’hui un ensemble de tableaux figuratifs acquis ces douze dernières années autour de l’utilisation du cliché photographique par la peinture. A ceci, plusieurs raisons :
Une première intuition liée à la nature même de la galerie des Coopérateurs, entièrement coupée de la lumière extérieure. La première idée fut d’imaginer une exposition de « peintures électriques », en comparant la différence entre un instrument acoustique et électrique, une guitare, par exemple, à celle du soleil et du néon.
Deuxième piste : des peintures intrigantes de John Currin et de Glenn Brown, basées sur des clichés photographiques réinvestis par la peinture. Et cette remarque de Brown, « je veux que mes peintures se sentent coupables de vouloir ressembler à des photographies ». Des points communs comme le goût pour l’illustration de science-fiction chez Brown et Dobler, par exemple. Des connivences, comme l’utilisation d’un tableau de Currin pour un film réalisé par Eon, celle d’un slogan provocateur de Picabia par Ernest T., la rencontre avec un site hyper-fauve de Picabia par Raffray, les relations troubles de Di Matteo avec le scanachrome et le peintre commercial firent l’intérêt récurrent pour ces peintures nourries de photographies. Ainsi, ces dernières années, le FRAC a présenté des expositions importantes de Gabriele Di Matteo, Ernest T., d’autres plus resserrées de Franck Eon, Nina Childress, David Renaud, Daniel Déjean et Werner
Büttner, et a constitué au fil des ans un ensemble exceptionnel de Photopeintries (2) .
Par ailleurs, certaines convergences dans l’actualité récente du débat sur la peinture figurative alimentèrent la réflexion:
- l’exposition Cher peintre… (Centre Pompidou, 2002) où il s’agissait précisément de répondre à la question de comment peindre après l’ultime Picabia ? avec des oeuvres de Picabia, Currin, Brown,…(3), - la rétrospective Picabia au MAMVP, admirablement présentée par le célèbre duo d’artistes suisses Fischli et Weiss, et la cohorte d’artistes invités à collaborer au catalogue de l’exposition pour déployer les innombrables influences de Picabia, symbole de la frivolité, de la liberté contradictoire absolue (4)


Le Fonds Régional d’Art Contemporain Limousin reçoit le soutien de la Région Limousin et de l’Etat (Ministère de la Culture et de la Communication / Direction Régionale des Affaires Culturelles du Limousin) - la grande rétrospective Douanier-Rousseau au Grand Palais qui présentait, entre chaque salle chronologique, des vitrines avec les images sources du célèbre peintre « naïf » qui fascina tant Matisse et Picasso (5).
Enfin, la rencontre déterminante avec Nina Childress et ses recherches universitaires en cours permirent d’articuler avec précision ce premier épisode de photopeintries sous-titré comment peindre après Picabia et Richter ?. C’est d’ailleurs la question qui a été posée à chacun des artistes de l’exposition, non sans y avoir apporté quelques précisions : Francis Picabia, le peintre de toutes les manières successives (6) Gerhart Richter, celui des différents styles menés en parallèle, simultanément (7) En laissant la possibilité de remplacer ces deux noms par d’autres de leur choix (Magritte et ses « collages peints » selon le terme de Max Ernst, Warhol, Hopper). Leurs réponses seront publiées dans le journal du visiteur.

L’exposition s’organise selon trois thèmes principaux :
- un ensemble de paysages (forêt tropicale, zone urbaine ou périphérique, désert : Raffray, Ernest T., Opie, Bélorgey, Büttner, Mazières, Renaud, Eon) - une série de scènes d’intérieur (Childress) et de peintures faisant référence au livre, au texte et à la matière imprimée (Linke, Di Matteo, Ruscha, Ernest T.) - un groupe de portraits (Eon, Currin, Brown, Rabascall, Childress, Rabascall,), même si certaines oeuvres ne rentrent dans aucune de ces catégories (Renaud, Dobler, Mayaux)« Pour que vous aimiez quelque chose, il faut que vous l’ayez déjà vu ou entendu depuis longtemps,
tas d’idiots!» Francis Picabia 1920 (repris par Ernest T. en 1985)
Dans le parcours proposé, il s’agit parfois de voir double, de re-voir, souvent, de s’arrêter longtemps pourê tre en accord avec le temps du tableau, beaucoup plus long que celui, instantané, de la photographie, mais surtout d’entreprendre un travail de lecture approfondie de ces clichés réévalués par la noble peinture. S’y superpose bien entendu la question du style, ou plutôt des styles, de la stylisation comme le pointe Nina Childress.
En plus du quoi peindre (la question du sujet), la question du comment peindre (la manière) surgit aussitôt, avec toute sa dimension psychologique. Une sorte de peinture au second degré, en quelque sorte, où le peintre choisit d’abord une image et l’exécute ensuite, avec plus ou moins d’application, de ruse ou, au contraire, de distance, de façon sommaire, en l’agrandissant, en la contrastant davantage, en l’enfouissant parmi d’autres, en lui redonnant de nouvelles qualités, lui en faisant perdre d’autres. Peindre d’après une reproduction, c’est faire machine arrière dans le processus de dégradation inévitable (« la perte d’aura ») de l’image en série, quitte à paraître anachronique.

Le Fonds Régional d’Art Contemporain Limousin reçoit le soutien de la Région Limousin et de l’Etat (Ministère de la Culture et de la Communication / Direction Régionale des Affaires Culturelles du Limousin) La question de la croyance envers les images et les clichés indique, en creux, celle de notre relation aux media et à ses icônes, de notre condition de spectateurà un âge de saturation hyper-spectaculaire. Le photopeintre produit un ralentissement, un effet retard, qui nous permet de savourer, avec la culpabilité du faux-naïf, ce sentiment anachronique du déjà-vu.
Yannick Miloux, octobre 2007

(1) G. Richter : Textes-lettre à J.C.Amman, fév.73, Dijon : les Presses du Réel, 1962-93, p.64
(2) néologisme fabriqué en référence à Raoul Haussmann, auteur du fameux « Poésure et peintrie » qui désigne, de façon amusante (une fausse erreur de traduction, une choix plus phonétique que sémantique, pour une fois) l’amplitude et la richesse des relations entre poésie et peinture.
(3) oeuvres de K. Althoff, C. Benzaken, G. Brown, B. Buffet, B. Calvin, J. Currin, P. Doig, S. von Hellermann, A. Katz, K. Kauper, M. Kippenberger, E. Perez, B. Perramant, E. Peyton, F. Picabia, S. Polke, N. Rauch, L. Tuymans, Centre Pompidou, 2002, commissaire : A. Gingeras.
(4) au sommaire du catalogue, on trouve les noms des artistes contemporains suivants : Peter Fischli et David Weiss, John Armleder, Herbert Brandl, Verne Dawson, Erik Dietman, Cerith Wyn Evans, Barry Flanagan, Hans-Peter Feldmann, Mike Kelley, Bertrand Lavier, Jean-Jacques Lebel, Paul McCarthy, Philippe Parreno
(5) ce qui rend encore plus plausible la démarche d’Ernest T. reconstituant les tableaux perdus du Douanier-Rousseau à partir des titres, des dates, des dimensions et de cartes postales et autres sources imprimées.
(6) Nina Childress consacre une série de huit chapîtres aux ruptures stylistiques de Picabia : hyper-fauvisme, pseudo-cubisme, orphisme, amorphisme, révolutions dada, copies neutres, monstres, transparences, divers styles des années 30, nus, sur-irréalisme, in Mémoire de Master, Unviversité Paris 8, juin 2006
(7) Le style Richter a fait école: Eberhardt Avekost, Paul Winstanley, Carole Benzaken, Philippe Cognée, Régine Kolle, Thomas Ruff, Nina Childress, Luc Tuymans, Adam Adach, …

 

Adresse :

Fonds Régional d’Art Contemporain Limousin
Les Coopérateurs, impasse des Charentes
F-87100 Limoges
33 (0)5 55 77 08 98
33 (0)5 55 77 90 70
frac.limousin@wanadoo.fr

Horaires :
de mardi à vendredi 10h-18h / samedi 14h-18h
fermé dimanche, lundi & jours fériés
Visites commentées sur rendez-vous.

 

Internet :

http://www.fraclimousin.fr

 
 
 
 
 
 
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