Tous les muses, galeries et centres d'art, coles d'art, foires et salons, prix et concours, rsidences d'artistes...Toute l'actualit des arts : expositions et manifestations - forum...Et plus de 16 000 artistes  dcouvrir, peintres, sculpteurs, photographes de tous pays dans le rpertoire mondial...


   
LETTRE D'INFORMATION ARTICITE.COM
Inscription gratuite
>>> Art Contemporain (Sélection) >> Expositions
retour agenda
 

Louis QUILICI (1920-1980) Un singulier en marge de la Figuration Narrative*
œuvres 1975-1980

Expositions > Arts Plastiques
du 21 juin au 17 septembre 2006

Edith Piaf
Peinture et décalque sur papier, 26 x 34,5 cm
 

Louis Quilici est né à Albertville (Savoie) le 14 avril 1920. Ayant perdu sa mère à l'âge de six ans, il fut confié à l'Orphelinat du Bocage près de Chambéry. A treize ans, il fut placé comme garçon de ferme et à dix huit ans il s'engagea pour cinq ans dans la Marine Nationale. A sa libération, il tente de se faire un nom dans le sport cycliste et trouve un emploi dans l'hôtellerie à Chamonix.


Quilici aimait à raconter qu'il eut sa première révélation de la peinture en voyant travailler les artistes peintres pour touristes nombreux en Savoie à cette époque, qui face au motif et ayant derrière eux quelques badauds admiratifs, torchaient avec maestria et "au couteau" des paysages de montagne qu'ils savaient par coeur à force de les avoir répétés. Etre lui aussi admiré comme eux du public et vivre de sa peinture fut probablement son ambition première. Il était loin alors d'imaginer qu'une vocation impérieuse, un dur instinct de la qualité et une effrayante exigence envers lui-même allaient l'emmener beaucoup plus loin et faire de lui un très grand artiste.


Il rejoint la capitale en 1946 où pendant quinze ans, après s'être marié, il conciliera la nécessité d'assurer son existence avec sa vocation de peintre. Il fut démarcheur, chauffeur de chauffage central, mécanicien, frotteur de parquets, cuisinier pour une équipe de la Géographie Nationale qui arpentait la province française, homme d'équipe dans les hôtels de luxe parisiens. Cette existence picaresque ne l'empêchera pas de constituer en autodidacte sa culture et son expérience de peintre. Pendant quinze ans, ballotté d'un métier à l'autre, il peignait après un travail harassant le soir, ou le dimanche dans des locaux de fortune souvent mal pourvus en lumière. Il visitait aussi les Musées où il s'imprégnait, comme l'avait fait avant lui Le Douanier Rousseau, de la manière des maîtres anciens. De 1951 à 1958, il fait quelques expositions de groupe, travaille avec le marchand Boutin, faubourg Saint-Honoré. Il établit là des contacts avec les peintres Ubéda, André Lhote, Vlaminck et Roger Lersy. Il rencontre aussi Picasso en 1951 (à qui il fera quelques clins d’œil dans son œuvre plus tard). Très exigeant envers lui-même, il réussit à acquérir ainsi un solide métier de peintre et à échapper au sort commun de ceux qui ont appris tout seul : la peinture du dimanche. Il détruit alors toutes ses premières peintures.


En 1959, Quilici réussit à placer à la galerie Claude Levin quelques oeuvres dont l'une fut vendue le jour même à une décoratrice américaine, Mrs Blanche Leff, qui par la suite devait en acheter beaucoup d'autres. Encouragé par ce succès il prit la décision qu'il avait si longtemps ajournée : il quitta sa place d'homme d'équipe à l’hôtel Regina pour se consacrer définitivement à la peinture. Il était âgé alors de quarante ans.


Un heureux hasard lui fit partager avec le tout jeune Eduardo Arroyo, qui se trouvait lui aussi en panne d'atelier, un local rue de Vaugirard, au-dessus de l’atelier du lithographe René Guillard, que la galerie Levin avait mis à leur disposition. Quilici, ayant tout de suite compris à quel niveau se situait la peinture d'Arroyo, avait pour lui une admiration sans borne. Bien que des toiles comme les Généraux ou le Médaillé du travail, peintes à l'époque où Arroyo travaillait sur Les Généraux Enrhumés puissent être considérées comme un hommage au travail de ce dernier, les deux peintres étaient trop différents par l'âge, la culture, la technique et la conception de l'art pour pouvoir s'influencer mutuellement. Par contre, pendant quelques années, ils furent en quelque sorte complémentaires. Ils plaisaient aux mêmes amateurs et aux même marchands. Les expositions d'Arroyo à Paris, Londres et à Amsterdam ont précédé de peu celles de Quilici dans les mêmes galeries.


Grâce à Arroyo en tout cas, Quilici se trouva propulsé dans un monde où son statut d'autodidacte marginal ne lui avait pas donné accès auparavant. Trop âgé pour pouvoir participer au salon de la "Jeune Peinture", il est un fidèle de "Grands et Jeunes d'aujourd'hui" et expose avec les artistes de la "Figuration Narrative", baptisés ainsi par Gérald Gassiot-Talabot : dans les manifestations de groupe de la Galerie Claude Levin Petits Formats et Grande Toile, Histoires, Moralités (avec Arroyo, Aillaud, Biras, Recalcati, Rieti…) et tout naturellement, il est aussi invité à l'exposition "la Figuration Narrative dans l'Art Contemporain" de la galerie Creuze qui fit grand bruit en 1965.


Les années 60 furent un période merveilleuse pour Quilici. Sa peinture se vendait bien, les expositions se succédaient. Il était reçu dans un milieu où il n'aurait jamais espéré avoir accès quelques années plus tôt. La maladie qui devait l'emporter plus tard, et dont il avait perçu les premières atteintes en 1950 lui laissèrent un répit qui lui faisait croire qu’il était guéri. Il avait eu la consécration d'une exposition personnelle dans un musée américain, au Musée d’Art Contemporain de Montréal en 1965.


Homme simple, de culture autodidactique, loin de renier ses origines populaires, il ne manquait aucune occasion de les revendiquer ; peut-être y avait-il tout simplement chez lui une volonté de montrer à ses interlocuteurs le chemin qu'il avait parcouru et dont il était très fier. Les sentiments de révolte de ses compagnons de route de la "Nouvelle Figuration" lui étaient absolument étrangers et les théories assignant un rôle social au peintre et l'invitant à participer à l'édification d'un monde nouveau et meilleur qui s'épanouirent au moment de Mai 68, le laissèrent passablement indifférent. Très occupé des problèmes de technique, il pouvait être incroyablement satisfait de la manière dont il les résolvait et très fier du métier qu'il avait si longuement et si durement acquis. On vit rarement peintre plus content de lui même que Quilici contemplant le tableau qu'il venait de terminer. Il lui arrivait alors, car il avait gardé, probablement de son séjour dans la marine française un certain chauvinisme, de se décerner ce satisfecit suprême : "C'est du travail d'ouvrier français"…


Sa peinture était restée longtemps à s'attendrir sur les souvenirs de son enfance, qualifiée à ses début de naïve. On le lui a parfois reproché. Cependant même à cette époque, il est déjà un peintre de l'inquiétude, de l'angoisse.

Angoissants ces murs devant lesquels il campe ses personnages. Murs qui semblent les exclure d'une autre réalité qui existe de l'autre coté. Malgré son acceptation dans le monde de l'art, quelques succès flatteurs auprès des dames, et la satisfaction qu'il tirait de son travail, il restait un autodidacte, qui n'avait fait ni études secondaires ni universitaires, qui n'aurait pu se faire admettre dans une Ecole de Beaux Arts, qui devait se faire aider pour écrire une lettre car les bonnes soeurs du Bocage n'avait pas réussi à lui inculquer l'orthographe. Un homme que ses amis peintres écoutaient avec gentillesse mais avec une condescendance amusée, lorsqu'il développait ses théories un peu simplistes sur la peinture. Le mur devant lequel il s'est campé dans l'autoportrait que par dérision il avait appelé "Le beau Lulu" est bel et bien un mur d'exclusion, le mur que Quilici ne franchira jamais et qui le sépare de cette "terre promise" où il n'aura jamais le droit de pénétrer (tableau très remarqué par la critique à Grands et Jeunes d’aujourd’hui en 1962)


L'influence de ses amis peintres, l'avènement du Pop Art, une presbytie mal corrigée, firent que dans la seconde partie des années soixante son art évolua et commença à se dégager des tendances naïves et sentimentales de ses débuts. II abandonne momentanément l'huile pour se créer une technique mixte à base de dessin, de collage, de décalcomanie de photos de magazines, avec laquelle il montre une grande habilité. II reste obsédé par sa jeunesse, mais il devient plus percutant, plus sarcastique, fait intervenir des personnages plus troubles, se peint en voyou, ose des déformations qu'il refusait autrefois.

Il incorpore progressivement cette technique à sa peinture qui se défait de la matière des débuts et va devenir de plus en plus onctueuse et épurée.


Forcé de quitter l'atelier de la rue de Vaugirard, il s'installe rue Vercingétorix dans un local voué à la démolition. C'est là qu'il peindra, avant d'en être expulsé, les toiles de l'exposition à la galerie Mathias Fels en 1974. La dureté des temps, la fermeture de la galerie Claude Levin, le retour et la recrudescence de la maladie, la misère physique et morale consécutive à sa solitude, font que, malgré la satisfaction d'une exposition au Musée des Sables d'Olonne en 1973, et de quelques manifestations en Italie, sa peinture devient de plus en plus tourmentée.

Grand admirateur de Bacon et de Giacometti (qu’il avait rencontré), il s'attaque à sa façon aux mêmes problèmes qu'eux : il ambitionne de parvenir à la maîtrise du temps et à son introduction dans l'espace. Comment faire pour que l'immobile devienne l'image de la mobilité ? Comment représenter le mouvement alors que peindre c'est le figer ? La course inquiétante de la fillette que l'on voit sur la couverture du catalogue de Mathias Fels est la réponse qui ne doit rien à personne de Quilici à ce défi.


C'est à ce moment là que le mal qui devait l'emporter, le rejoint pour ne plus le quitter. En 1974, peu de temps après son expulsion de la rue Vercingétorix, il est transporté d'urgence à l'hôpital Ambroise Paré, où il lutte des semaines contre la mort. Récupéré par son épouse qui lui assura jusqu'à sa fin une existence digne, il se remet à peindre et crée les toiles de sa belle exposition de 1977 au Centre Georges Pompidou qui montra d'inquiétantes perspectives de rues et de non moins inquiétants portraits de familles, très dessinées, d’après photographies, à la manière 1900.

Puis dans ses dernières séries, outre la permanence de ses étonnants portraits-décalques graphiques ou peints, où apparaissent son entourage et des vedettes du cinéma ou de la chanson, il aborde le paysage qu’il peuple de personnages solitaires, fantomatiques, tronqués, phosphorescents. Sur fond de lointaines réminiscences de sa Savoie natale, il crée la une ambiance désertique, volcanique, profondément métaphysique, où en fond, se rapprochant de plus en plus, se profile une brèche qu’il va figurer seule dans ce qui doit probablement être ses deux dernières œuvres. C’est assurément l’aboutissement de ses recherches techniques avec l’unité parfaite de la superposition et de la mixité si particulière de ses médiums qu’il a expérimenté et recherché pendant près de 20 ans. Cette série sera présentée à la galerie Davidson à Tours en 1979 qui les exposera également à la FIAC de cette même année.


A l’ultime de sa vie, les douleurs consécutives à son traitement étant devenues intolérables et lui ayant rendu impossible l'usage de ses mains, la peinture et le dessin furent définitivement révolus pour lui. Des influences l'avaient un peu éloigné du catholicisme de son enfance, mais Il était resté profondément religieux, faisant même partie de ces personnes devenues rares à notre époque qui croient encore au diable. Il savait qu'il allait mourir et qu'il ne peindrait plus jamais.

Il décède à Paris le 3 février 1980, laissant une œuvre d’une grande singularité et force, bien diffusée et reconnue pendant cette assez courte carrière, mais aussi malheureusement pour partie dispersée et perdue. Et oubliée.

La présentation de ses œuvres des 5 dernières années se veut un premier jalon à la redécouverte indispensable et méritée de l’œuvre de Louis Quilici.

Georges DETAIS et Silvio BRIANTI

 
Adresse :

L’Art en Stalles - galerie d’art Contemporain
55, avenue de la Mongie - BP 3
65200 POUZAC

téléphone : 05 62 91 14 05
mail : galerie.lartenstalles@wanadoo.fr
Ouverture du mercredi au dimanche et fériés,
de 15 à 19 heures
En juillet et août, ouvert ces mêmes jours également le matin de 10h30 à 12h15

 
 
 
 
 
 
s
R e c h e r c h e s    D i v e r s e s
s
Recherche d'images Cliquez ici
 
Recherche rapide > Liens : google
Documentations diverses, Images Oeuvres etc...
Google
 
Web articite.com
Recherche rapide > Lithographies, sérigraphies, art... : allposters.fr
Recherche d'un artiste...
Recherche par thmes !
Recherche rapide > Livres d'art : amazon.fr
Rechercher:
Recherche rapide > Artiste / Prix de ses oeuvres : artprice.com
Ses résultats d'adjudications, ses documentations en images, ses prix actualisés, ses cotes et indices, sa biographie, ses signatures, monogrammes, symboles
 
artprice
s

 
© 2003-2009 Art Entraide France - creation & design : Art Entraide France - Tous droits réservés - Archives Portfolios - Inscription répertoire
 
Partenaires : bistrakoo.com, consoland.com, articite.fr, africanloxo.com, artuose.com, articite.net, artketing.net