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" Chauffe, Marcel ! "
Expositions > Arts Plastiques
du 17 juin au 29 octobre 2006

 

Le Fonds régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon propose une importante manifestation dans une vingtaine de sites de la région : un acte culturel dont la nature et la dimension concordent parfaitement avec la volonté du Conseil Régional de concilier création et diffusion, sensibilisation et éducation, rayonnement régional, national et international.
C'est pourquoi, dans un esprit de soutien et d'encouragement, la Région a apporté une contribution financière exceptionnelle au projet Chauffe, Marcel !

Ce parcours s'inscrit dans le cadre des missions de diffusion du Frac et dans son exigence de proximité avec les publics, en liaison avec les nouveaux projets d'aménagement du territoire et de service public de la collectivité régionale.
A partir des oeuvres de sa collection et de celles d’autres institutions publiques (Fonds national d’art contemporain notamment), mais en invitant aussi des artistes de toutes générations, le Frac entend faire connaître la grande diversité des démarches qui forgent la vitalité de l’art contemporain.

Pour construire ce parcours, la figure tutélaire de Marcel Duchamp a été invoquée : souvent cité, largement commenté et critiqué, toujours présent dans les débats qui traitent soit de nouveauté la plus radicale soit de la « décadence » dont serait atteinte une grande part des productions artistiques contemporaines, Marcel Duchamp (1887- 1968) est lui-même fort peu présent en Europe par ses oeuvres, dont la plupart sont rassemblées aux Etats-Unis ou dans les collections de quelques musées.

D’autre part, en dehors de deux installations imposantes conservées à demeure au Musée de Philadelphie (La Mariée mise à nu par ses célibataires, même - autrement appelée Le Grand Verre - et l’oeuvre posthume Etant donnés 1. La chute d’eau 2. Le gaz d’éclairage), Marcel Duchamp est surtout connu pour avoir intégré, dans sa démarche artistique, l’objet tel que chacun peut se le procurer dans le commerce, l’objet de fabrication industrielle autrement appelé par lui du nom de « ready-made » (que l’on pourrait traduire en français par « tout prêt »).
Ainsi, une roue de bicyclette fixée à un tabouret (mais jamais exposée), un urinoir renversé sur un socle et signé (mais d’une signature anonyme), un porte-bouteille augmenté d’une phrase (mais perdu), une reproduction de La Joconde agrémentée de moustaches et d’une barbichette (et la légende « L.H.O.O.Q. » !) et d’autres pièces de ce genre, alimentent les questions des spécialistes depuis le milieu du siècle dernier. Simples canulars passés à la postérité par accident et au bénéfice d’un snobisme généralisé ou bien véritable révolution de l’art l’engageant dans des voies inédites, telle semble être l’alternative sans fin qui « échauffe » les esprits et produit une fortune critique où se côtoient des analyses fines et des jurons peu amènes.

L’oeuvre comme la vie de Marcel Duchamp convoquent immédiatement des notions de liberté, de refus du dogmatisme et, probablement, de scepticisme individuel à l’égard de toute « croyance », et notamment de toute foi en l’art.
Et pourtant, en les associant à l’image d’un art contemporain difficile d’accès pour beaucoup de gens, elles apparaissent comme ressortissant d’un nouveau dogmatisme (à cause de la disqualification des médiums traditionnels de l’art, notamment la peinture et la sculpture), comme une mise en cause déshumanisante de la dimension créative de
l’art (les ready-made renverraient à l’inutilité de l’originalité dans la conception et la réalisation d’un objet produit par l’esprit et la main de l’homme), et seraient entachées d’une tendance élitaire allant à l’encontre de l’universalité traditionnelle des oeuvres (le sens énigmatique des signes auquel se limiterait l’art après la table rase duchampienne
serait réservé à quelques initiés).

Sans pointer les contradictions que recèlent ces différents griefs, il importe de remarquer que Marcel Duchamp a toujours défendu et respecté des peintures et des sculptures de toutes sortes, que ses pièces majeures sont des oeuvres d’art très complexes (de véritables « chef-d’oeuvres » réalisés de main de maître !) accompagnées d’un fort
investissement personnel, et qu’enfin la diversité de ses pratiques ont inspiré une multitude d’artistes qui ont trouvé en lui, parfois dans leur opposition même, un moteur dans leur propre parcours et une incitation à la liberté et à l’indépendance.

Ce qui n’empêche pas les philosophes et les critiques de s’étonner de la disparition des« critères » de l’art et de réclamer un retour aux médiums et à des cadres esthétiques plus traditionnels dans lesquels le spectateur pourrait enfin se retrouver et exercer son jugement.

Aussi Chauffe, Marcel ! est l’imprudente tentation d’essayer de saisir les raisons de ce« trouble » collectif attaché à l’artiste Marcel Duchamp comme à l’art contemporain (c’est-à-dire l’art né des bouleversements des années 1960), dont on affirme ici les liens fondamentaux. Il a donc semblé indispensable de s’engager dans la réflexion et la compréhension des enjeux de l’art du présent à partir d’oeuvres qui seraient peu ou prou redevables de leur existence à celle de Marcel Duchamp.
Contre l’hypocrite refrain (souvent entonné en France…) qui voudrait que ce dernier soit un génie espiègle et ses « héritiers » de médiocres créateurs bernés, il a paru que le contact devait enfin être établi entre le Bon Père et ses enfants très légitimes.

Duchamp n’ayant cependant jamais été un professeur ou un donneur de leçon de quelque ordre que ce soit, cette exposition a pris le parti de ne pas intégrer les artistes, nombreux, qui se sont référés à Duchamp en « copiant » ses objets (les artistes conceptuels américains de l’appropriation par exemple), mais a préféré prendre le risque, avec d’autres, d’imiter l'esprit de ce grand penseur qui a marqué si fortement l’art de son siècle.

L’héritage que laisse Marcel Duchamp est celui du lien qui unit indéfectiblement le réel avec ses doubles illusoires : abandonnant la peintureà l’issue du complet renversement de l’espace perspectiviste auquel le cubisme avait abouti, Duchamp se lance, après son Nu descendant un escalier et Mariée (1912), dans une exploration résolue de l’espace brut, de l’espace spontané (comme l’appelle Jean Paulhan en parlant des cubistes) c’est-à-dire de l’espace des choses elles-mêmes. Il y rencontre alors les objets (« ready-made » donc) mais aussi leurs ombres provoquées par la lumière et leur multiplication industrielle, les chef-d’oeuvres de l’histoire de l’art mais aussi leurs duplications photographiques (La Joconde et ses moustaches), le langage mais aussi les jeux de mots et les structures multiples de la pensée verbale (inspirées de Roussel et Brisset), la nécessité des lois terrestres mais aussi le hasard perturbant la règle créatrice et la vie quotidienne, ou encore l’imaginaire poétique se plaquant à la surface transparente du visible (Le Grand Verre) et, en dernier cadeau posthume, le désir modifiant la posture « raisonnable » des regardeurs pour en faire des « voyeurs » (Etant donnés).

Cette enquête artistique duchampienne dans le champ du réel l’a toujours conduità reconnaître le « semblant » qui accompagne toute réalité, y compris ce semblant qu’est le milieu de l’art lui-même et les illusions de la « carrière artistique » et de la vie sociale. Enfin, cette plongée dans l’espace réel n’a pas été dénuée d’analyse intellectuelle, mais
elle demeure en fait largement intuitive et sensible, en tout cas « pratique », tout ené cartant soigneusement tout pathos expressif (car dans la vie comme dans l’art, Duchamp s’est justement sauvegardé de toute relation pathologique...). Par cette transformation de la nature de l’espace de la représentation (dont il a pris acte plus qu’il ne l’a provoqué), Duchamp a incontestablement ouvert les voies qui sont celles dont l’art contemporain va refléter la diversité et la complexité à partir des années 60. L’art pourra, à partir de cette véritable « révolution épistémologique », prendre notamment en compte des savoirs extérieurs à lui, des pratiques sociales savantes ou profanes, des réalités matérielles ou corporelles immédiatement mises en jeu dans des« installations » rendant compte d’un point de vue particulier : car dès lors, chaque artiste est singulier et absolument responsable de la manière d’aborder une chose, celleci appartenant par définition à son propre espace individuel.

Chauffe, Marcel ! espère surtout être, sans théorisation inutile, une manière d’en finir aussi avec ce que l’on pourrait appeler le « point de fixation Duchamp » : comme si justement des générations de critiques ou d’artistes avaient oublié que ce dernier avait eu pour ambition première de faire échapper au fétichisme de l’art, afin d’ouvrir le spectateur au monde concret des choses, dans l’espace « social et politique » le plus large.
On fera crédit alors au subtil poète et critique qu’était Apollinaire d’avoir pressenti, dès 1913, c’est-à-dire au moment des premiers ready-made, le rôle majeur que l’intuition de Duchamp allait jouer dans les futures innovations de l’art mais aussi dans la modification des usages de la Représentation dans la démocratie moderne : « Il sera peut-être réservé à un artiste aussi dégagé des préoccupations esthétiques, aussi préoccupé d’énergie que Marcel Duchamp de réconcilier l’art et le peuple ». Catalogue réalisé avec des textes et des documents rassemblés par Bernard Marcadé et Emmanuel Latreille, ainsi que Tanguy Viel, Daniel Dezeuze.

Commissaire général : Emmanuel Latreille, directeur du Frac Languedoc-Roussillon
assisté des responsables des différents lieux.

 
Adresse :

Renseignements : Frac Languedoc-Roussillon
T : +33 (0)4 99 74 20 35 < F : +33 (0)4 99 74 00 49 < @ : fraclr@fraclr.org

 
Site Internet :

http://www.fraclr.org/

 
 
 
 
 
 
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