Tous les musées, galeries et centres d'art, écoles d'art, foires et salons, prix et concours, résidences d'artistes...Toute l'actualité des arts : expositions et manifestations - forum...Et plus de 16 000 artistes ŕ découvrir, peintres, sculpteurs, photographes de tous pays dans le répertoire mondial...


   
LETTRE D'INFORMATION ARTICITE.COM
Inscription gratuite
>>> Art Contemporain (Sélection) >> Expositions
retour agenda
 

Katrin Sigurdardottir
Expositions > Arts Plastiques
du 17 juin au 28 octobre 2006

O'Sullivan, Timothy H., No. 16. Head of Cañon de
Chelle [Chelly]. Albumen print, created 1871-1873.
Collection of the New York Public Library, Humanities
and Social Sciences Library / Photography Collection,
Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs.
 

L’artiste islandaise Katrin Sigurdardottir (née en 1967 à Reykjavik) invite le spectateur à expérimenter des espaces, entre architecture et paysage, qui font appel à sa mémoire des sites naturels traversés mais aussi à ses propres référence de « regardeur ». La fabrication simple des oeuvres, véritable esquisse en trois dimensions, affirme le caractère tout à la fois personnel et culturel de ces sites. Katrin Sigurdardottir s’intéresse en effet à tout ce qui constitue la perception des lieux. Elle en a imaginé deux pour le FRAC Bourgogne, qui d’une certaine manière inverse la place et l’expérience habituelle du spectateur dans cet espace d’exposition.


Le public dijonnais a déjà pu découvrir une œuvre de Katrin Sigurdardottir, Island (2003), achetée pour la collection du FRAC Bourgogne l’année dernière et présentée lors de l’exposition Le Génie du lieu (1). Cette œuvre concentre de nombreux éléments de la démarche de l’artiste. Référence explicite au paysage, elle évoque également l’architecture d’un espace d’exposition. Cette île aux côtes découpées est close sur elle-même, sans aucune ouverture, seulement éclairée de l’intérieur. Pour cette raison, ce petit territoire semble à la fois une place protégée et un monde coupé de l’extérieur. Cela paraît aujourd’hui un lieu commun que d’aborder l’Islande à travers ses paysages spectaculaires, ses multitudes d’îles et ses immensités désertes. Pourtant ce n’est pas cette dimension qu’investit Katrin Sigurdardottir, qui a quitté son pays natal pour les Etats-Unis en 1988, à l’occasion de sa formation. Les éléments qu’elle imagine sont d’une facture assez frustre, en bois, affirmant leur statut de construction. Ils n’évoquent les paysages islandais que de manière très allusive, mémoire lointaine ou imaginaire. Si la nature est au cœur de son travail, l’artiste l’aborde moins pour sa spécificité que pour la relation entretenue aujourd’hui avec elle. Le paysage dans l’art moderne est le pendant exact de l’espace urbain, représentation souvent nostalgique d’un monde perdu, lieu à préserver des dégâts du développement, havre de paix investi par le citadin lors des fins de semaine ou des congés payés. L’œuvre de Katrin Sigurdardottir s’intéresse à la perception du paysage que nous avons à l’âge de la globalisation.

Les formes très simples que produit Katrin Sigurdardottir se situent à la frontière entre des sculptures minimales, chargées de définir les spécificités du lieu, et des représentations de paysage en miniature. En ce sens, le spectateur est au cœur de l’œuvre, il l’active. Son expérience repose sur une double dimension. D’une part il éprouve la perception physique de sa relation au lieu et à l’objet. D’autre part, il regarde les images créées par les œuvres et développe une expérience plus mentale. L’artiste souligne : « J’aime mettre en regard, d’un côté, la perception de l’œuvre, aussi bien cérébrale que purement visuelle, et, de l’autre, la rencontre physique réelle avec un objet. » (2)

La miniature est le moyen par lequel l’artiste fait naître ces images mentales. Le changement d’échelle modifie la relation que le spectateur entretient au lieu et privilégie le regard. Pour cette exposition, Katrin Sigurdardottir a conçu un grand espace dans lequel cette double dimension de la perception est essentielle. Un savant jeu d’emboîtements fait passer inlassablement le spectateur de sa présence physique à l’espace imaginaire. Cette œuvre sans titre retourne également la place habituelle du spectateur qui se trouve cette fois à l’intérieur de la sculpture et ne peut la découvrir qu’à travers un dispositif de mise en abyme. Cela entraîne une fragmentation de la perception qui est également au coeur de l’autre œuvre proposée, elle aussi sans titre. Une photographie de canyon de l’ouest américain est morcelée entre différents panneaux de scène qui obstruent partiellement l’ouverture de la salle. Ces deux paysages sont mythiques, pureté immaculée que rien n’altère d’un côté, symbole d’un territoire idyllique offert à toutes les conquêtes de l’autre. Cependant, le spectateur est dans un premier temps confronté à l’envers du décor et ne peut en aucun cas se perdre dans l’illusion contemplative. De plus l’artiste conçoit un parcours d’une œuvre à l’autre qui ôte toute possibilité de trompe l’œil. C’est bien d’une construction qu’il s’agit, non pas de la description d’un site spécifique qu’il s’agirait d’appréhender mais de cet endroit, ici et maintenant, dans toute son artificialité, perçu au croisement des références personnelles et culturelles. L’artiste conçoit la perception comme nomade, sans cesse transformée. C’est pourquoi elle a par exemple conçu certaines oeuvres telles des valises, paysages miniatures proprement nomades, offrant la possibilité de le parcourir mentalement en tout lieu, à tout moment. La cartographie présente dans ces œuvres s’est effacée ici au profit de la question du lieu, dont il s’agit de percevoir les multiples facettes, dans l’espace et le temps. Car l’essentiel réside pour elle dans ce déplacement : « Mon travail porte un témoignage sur la condition nomade: le centre du soi - de l’existence - est défini par le déplacement plutôt que par le lieu d’arrivée ou de départ. » (3). Ainsi, l’artiste crée un lieu à expérimenter par le spectateur, dont la perception présente est également nourrie de souvenirs et de récits. Les paysages mythiques qu’elle a choisis pour cette exposition en révèlent d’autant plus leur part fictive.


Texte : Claire Legrand, responsable du service des publics

 
Adresse :

Frac Bourgogne
49 rue de Longvic, 21000 Dijon
tél. + 33 [0]3 80 67 18 18 - fax. + 33 [0]3 80 66 33 29
e-mail : infos@frac-bourgogne.org

 
Site Internet :

www.frac-bourgogne.org

 
 
 
 
 
 
s
R e c h e r c h e s    D i v e r s e s
s
Recherche d'images Cliquez ici
 
Recherche rapide > Liens : google
Documentations diverses, Images Oeuvres etc...
Google
 
Web articite.com
Recherche rapide > Lithographies, sérigraphies, art... : allposters.fr
Recherche d'un artiste...
Recherche par thčmes !
Recherche rapide > Livres d'art : amazon.fr
Rechercher:
Recherche rapide > Artiste / Prix de ses oeuvres : artprice.com
Ses résultats d'adjudications, ses documentations en images, ses prix actualisés, ses cotes et indices, sa biographie, ses signatures, monogrammes, symboles
 
artprice
s

 
© 2003-2009 Art Entraide France - creation & design : Art Entraide France - Tous droits réservés - Archives Portfolios - Inscription répertoire
 
Partenaires : bistrakoo.com, consoland.com, articite.fr, africanloxo.com, artuose.com, articite.net, artketing.net