C'est quoi le FRAP ?
Convergence des luttes vers un printemps subversif
et contestataire !
"Valoriser les luttes et les alternatives,
créer un espace public autour de la fête et du rapport
entre art et politique". Du 25 avril au 11 mai, la troisième édition
du Festival des Résistances et des Alternatives reprendra
ce "mot de désordre". Depuis janvier, une trentaine
d'associations, de squatts et de collectifs(1) échangent leurs
avis et envies au sein d'assemblée générales
organisatrices pour faire de ces deux semaines la meilleure alternative à la
morosité des politiciens.
D'ou vient le FRAP ? En France, les "Festivals
des Résistances" apparaissent à la fin des années
90 à Limoges, puis à Rennes (1999) et Grenoble (FRAKA(2)-1999).
En 2001, cet engagement s'étend sous des noms différents,
au gré des itinéraires individuels, au gré du
souffle de la révolte (quel lyrisme), à Gap, Angers,
Bayeux, Lyon, Brest, Saint-Etienne, Dijon et Paris. Des fils se tissent
entre ces festivals, mais les échanges restent limités.
En 2002, tous ne renouvellent pas l'expérience. Des organisateurs
du FRAKA, du festival Enrageons-nous de Brest, des Festivals des
Résistances et des Alternatives de Gap, Saint-Etienne et Paris,
se rencontrent, confrontent leurs expériences. Ils ne souhaitent
pas créer de coordination nationale, mais décident
de mutualiser un certain nombre de moyens. Ils éditent une
affiche commune, et partagent des éléments de programmation.
Ces 5 festivals participent de la même volonté de valoriser
les luttes et les alternatives, de créer un espace public
de réflexion, de rencontre et d'expérimentation. Ils
font tous de la fête, et du lien entre art et politique, des éléments
essentiels de leurs alternatives(3).
Pas de subvention ! Tous ces projets ne fonctionnent
pas de la même manière. Certains collectifs ont fait
le choix d'être subventionnés. D'autres s'y refusent.
C'est le cas du FRAP, et un point indiscutable de son identité.
Certes, cela rend la tâche plus compliquée, mais oblige à chercher
des solidarités réelles entre tous les participants.
Le but du FRAP est de réussir à mutualiser des moyens
humains et techniques, à notre disposition tout au long de
l'année, pour mettre en place un projet commun. Cette pratique
d'échange et de solidarité fait que nous, artistes,
squatteurs, militants, associations, collectifs ou syndicats, gagnerons
ensemble en autonomie.
Proposer un espace public alternatif ! Mais
attention ! Cela ne veut pas forcément dire : chercher le
consensus à tout prix. Le deuxième élément
indiscutable de l'identité du FRAP est un positionnement contre
le spectacle électoral. Jusqu'à présent le Festival
a eu lieu au moment d'élections nationales : les municipales
en mars 2001, et les présidentielles en avril 2002. Le but
du FRAP est de proposer un espace publique alternatif à celui
que proposent les candidats et journalistes au moment des messes
démocratiques. Le déroulement et le résultat
de la présidentielle et des législatives n'ont d'ailleurs
pu que nous conforter dans notre dégoût de la "politique-spectacle".
La conséquence première de ce positionnement est de
refuser la participation au FRAP, de groupes qui soutiennent un parti
ou une candidature à des élections nationales. Ceci
exclut d'office les "mouvements de jeunesse" affiliés
aux partis d'extrême gauche. Ouf ! ...