Présentation
Depuis 1922,
la Ville de Bourg-en-Bresse a installé son musée dans les bâtiments
monastiques de Brou : au rez-de-chaussée, les expositions temporaires dans
les salles capitulaires, et la sculpture ancienne dans le réfectoire. A
létage, dans les anciennes cellules des moines, les peintures du
XVIe au XXe siècle, et les arts décoratifs (meubles lyonnais du
XVIe et du XVIIIe s., meubles bressans, faïences de Meillonnas, etc.)
Le
réfectoire et la collection de sculpture ancienne
(cl. Musée de
Brou) Le réfectoire du monastère de Brou était la plus grande
des salles du rez-de-chaussée. Ses voûtes dogives sappuient
sur trois élégants piliers, fins et élancés. Il est
largement éclairé par des fenêtres ouvrant sur le 3e cloître
et sur le jardin au sud. Le musée y présente un ensemble de statues
religieuses de pierre ou de bois, datant du XIIe au XVIIe siècle. Beaucoup
dentre elles proviennent des églises, chapelles et couvents de Bourg
et des environs.
Des sculptures contemporaines dUlrich Ruckriem
dans le 3e cloître
(cl.
Musée de Brou) Le sculpteur allemand Ulrich Rückriem a conçu
en 1990 pour la galerie nord du 3e cloître un ensemble de quatre stèles
en calcaire gris-vert. Leurs proportions rappellent des pierres tombales, en souvenir
des prieurs de Brou enterrés dans léglise. Ces oeuvres abstraites,
très sobres et atemporelles, sont disposées en rythme avec les
arcades
de la galerie
"Portrait
de Marguerite d'Autriche",
par Bernard Van Orley
(cl. Musée de
Brou) Ce petit tableau sur bois est dune remarquable finesse dexécution.
Il représente la fondatrice de Brou dans un sobre costume de veuve. Dans
la pure tradition du portrait flamand, il met laccent sur la personnalité
du modèle. Le fond sombre fait ressortir la carnation fraîche et
la transparence de la coiffe. Bernard Van Orley fut le peintre officiel de la
cour de Marguerite dAutriche, Régente des Pays-Bas.
Retable
de la vie de St Jérôme
(panneau central)
(cl. Musée de
Brou) Un grand retable daté de 1518, dû à un peintre flamand
ou bourguignon, raconte sur trois volets la vie de St Jérôme. Le
panneau central présente sur fond de paysage une composition complexe :
au premier plan le saint est présenté en ermite, agenouillé
en prière devant un crucifix. Au second plan, se déroulent les différents
épisodes relatant comment un lion était venu se faire soigner au
monastère du saint, puis avait ramené aux moines les voleurs de
leur âne. Les chameaux rappellent que la scène est censée
se passer au Proche-Orient.
Salle
des meubles lyonnais du XVIe siècle
(cl.
Musée de Brou) Le Musée de Brou conserve un bel ensemble de meubles
lyonnais du XVIe siècle, richement décorés de motifs Renaissance.
Parmi ceux-ci figure un dressoir trilobé, meuble dapparat destiné
à recevoir de la vaisselle précieuse ; sa partie supérieure
finement ciselée dentrelacs repose sur des figures à lantique.
Faïences
de Meillonnas, pièces de petit feu (vers 1763)
(cl. Musée de
Brou) Au XVIIIe siècle, le seigneur de Meillonnas, village proche de Bourg-en-Bresse,
installa dans son château une faïencerie à la production réputée,
notammment pour les pièces de petit feu. Cette technique permet une grande
finesse de dessin et un rendu exceptionnel de couleurs dans une gamme étendue,
notamment dans les rouges et les roses.
«
Peau dAne » (1819), par Jean-Antoine Laurent
(cl. Musée de
Brou) Ce tableau appartient au genre «troubadour» bien représenté
au Musée de Brou : rameau mineur du romantisme, la peinture «troubadour»,
en quête du passé national, sattache à représenter
des héros de lhistoire ou de la légende, dans des scènes
familières et intimistes, avec une touche fine et soignée. Le peintre
a représenté ici le dénouement du conte de Perrault, quand
la princesse quittant sa peau dâne est reconnue du prince et de ses
parents.
«
Dante et Virgile dans le 9e cercle de lenfer » (1861), par Gustave
Doré
(cl.
Musée de Brou) Gustave Doré, qui illustra « la Divine Comédie
» de Dante, traita aussi cette oeuvre en dessin et en peinture. Le grand
tableau du Musée de Brou (3,15 m x 4,50 m) représente Dante et Virgile
dans le neuvième et dernier cercle de lenfer où les traîtres
à la patrie sont condamnés au supplice des glaces éternelles.
Doré y a rendu avec puissance lunivers fantastique et effrayant de
Dante.
La salle des Etats, et les peintures abstraites de Jean
Degottex
(cl.
Musée de Brou) A létage du monastère une grande salle
dapparat avait été bâtie au-dessus des galeries mitoyennes
des deux premiers cloîtres. Elle était destinée à lusage
de Marguerite dAutriche pour ses éventuels séjours à
Brou.
Le Musée de Brou y présente le peintre abstrait Jean
Degottex (1918-1988), marqué par la pensée zen. Ses peintures témoignent
dun parcours artistique à la recherche spirituelle du « vide
extrême ». Leur aspect contemplatif et silencieux les met en harmonie
avec lesprit des lieux de lancien monastère.