Présentation
Historique
Le
réseau Banlieues d’Europe existe depuis 1992. Il rassemble
des responsables associatifs, des villes, des experts et chercheurs,
des opérateurs culturels et des artistes, sensibilisés
aux questions de l’intervention artistique dans les quartiers
défavorisés et en direction des habitants généralement
exclus.
L’art
y est entendu non comme un "supplément d’âme",
mais comme le moteur essentiel d’un échange, d’une
réflexion commune, d’une ouverture artistique partagée
avec la population.
Actions d'un réseau européen
L’action
de l’association s’inscrit depuis son origine dans un
véritable partenariat de travail à l’échelle
de l’Europe avec 35 partenaires dans 20 pays, le réseau
vise à diffuser mieux et à participer de l’élaboration
concrète de l’idée européenne.
Caractérisé par
des actions menées plus particulièrement avec les populations
défavorisées, le réseau donne l’occasion
de développer des échanges entre européens,
de réfléchir à la place des cultures émergentes
dans la société et de contribuer ainsi à la
mise en place de la citoyenneté européenne.
Notre
propos est de faire avancer au niveau européen une réflexion
partagée entre chercheurs, élus et acteurs artistiques
et culturels sur les espaces de tension et d’innovation que
sont aujourd’hui plus que jamais les périphéries
des villes.
Missions
Par
son aspect "lieu ressources", le réseau met en relation
des artistes, répond à des propositions d’échanges à l’échelon
européen, participe de l’évaluation des projets
et de l’expertise des questions de la démocratisation
de la culture et reste ouvert aux diverses demandes en provenance
d’artistes, d’associations, de collectivités à l’échelle
internationale.
Par
l’organisation de rencontres internationales (Bruxelles en
1996, Strasbourg en 1997 et 1998, Valencia en 1998, Lille et Roubaix
en 1999, Strasbourg en 2000, Glasgow en 2000), dont l’objectif
est la comparaison des projets et la valorisation des pratiques référentes
au niveau européen.
Le projet est au coeur de l'action
Les
projets artistiques et culturels réunis au sein du réseau
Banlieues d’Europe, affirment qu’il y a de la culture,
des représentations, des valeurs, des singularités
propres aux banlieues. Que ces espaces sont des lieux de création
et de créativité culturelle et que cette réalité peut être
mieux révélée, entendue, confrontée,
par l’échange avec l’action artistique.
Et
c’est au fond la force et la chance réelle du réseau
Banlieues d’Europe.
De
l’action du Fablevision Theatre de Glasgow, au travail des
sculpteurs du Falkenheim Gallus de Frankfurt, des arts du cirque
menés par Chapitô à Lisbonne, ou du carnaval
du Beat Initiative de Belfast, la richesse et l’intérêt
du réseau tient à sa complexité même.
Banlieues
d’Europe rassemble un babel d’individus, de chercheurs,
d’institutions et d’associations qui, de Berlin à Milan,
de Liverpool à Vienne sont tous au coeur d’un projet.
L’ensemble
de ces partenaires tracent depuis plusieurs années une cartographie
de l’Europe ou les notions d’art, de champ social, de
démocratisation de la culture, de solidarité, de coopération,
d’échanges artistiques, sont autant de fil tendus, de
tissages et de métissages de ville à ville, de quartier à quartier,
de projet à projet.
Etonnament
et peut-être de la manière la plus paradoxale qui paraisse à première
vue, Banlieues d’Europe rassemble -pour reprendre le joli mot
de notre ami Francis Kochert : "les bons lieux d’Europe"!
Pourquoi l'Europe ?
Ce
qui anime nos partenaires de Banlieues d’Europe c’est
le désir de mettre en perspective leurs projets, d’échanger
et de nourrir leurs pratiques et , au final, à la chance que
représente pour eux le fourmillement d’activités,
le questionnement et l’identification des grands courants actuels
dans le domaine de l’art et de la relation entre l’action
culturelle et les populations qu’on dit généralement « exclues ».
Il
est tout à fait illusoire à l’heure actuelle
de dresser une liste exhaustive des contacts et productions, des
créations et projets internationaux, des idées et coopérations
européennes qui sont nés grâce au concours de
Banlieues d’Europe.
Ce
qu’il est possible de mesurer par contre c’est la place
prise aujourd’hui en Europe par les questions qui nous animent.
Par
trop discrète - sinon carrèment absente- des questions
culturelles au début des années 90, la place de l’art
auprès des populations dites "exclues" est devenue
aujourd’hui un enjeu fondamental des politiques culturelles
en Europe.