> Cette galerie
d'art contemporain qui porte son nom, Patrick Gaultier l'a créée
en 1981. S'il est parvenu à attirer
à lui un public toujours plus nombreux et qui lui demeure fidèle,
c'est parce qu'il n'accepte d'exposer que des peintres dignes d'intérêt
et dont il pense qu'il sont de taille à engendrer une oeuvre.
Ces peintres qui lui confient leurs
travaux, il est en mesure de les comprendre intimement, de saisir leur démarche,
de les accompagner dans leurs chemins. Car l'aventure dans laquelle ils sont engagés,
il la vit lui-même. Elle l'a poussé, en outre, à adopter un
certain style de vie, à faire fond sur certaines valeurs, à défendre
les oeuvres en lesquelles il croit.
Charles
Juliet (Février 1991) Loin
des discours sur l'art et des modes passagères, tant par le lieu où
il a choisit d'ancrer son histoire, que par le regard qu'il porte sur les oeuvres
qu'il choisit, Patrick Gaultier tente depuis 1981 de renouer avec la fonction
originelle de l'art, qui est de rejoindre en nous des racines trop profondes pour
se laisser absorber par l'actuel et le momentané. Trop
souvent détourné par eux dans les jeux des esthétiques en
vogues et des querelles doctrinaires d'écoles, l'art n'est paradoxalement
contemporain, que lorsqu'il surmonte cette faiblesse du présent, pour être
l'un des seul langages à nous parler encore de l'essentiel : permettre
à l'âme du peintre de conduire les hommes vers l'universalité
et la dignité de la vie. Laissez
votre oeil voir, tout simplement voir", voilà ce qu'il se contente
de dire au visiteur intrigué, faisant sienne la pensée de Charles
Juliet qu'il aime considérer comme l'une des rencontres les plus saisissantes
que la galerie ait produites : bien sûr, parce que la peinture est
un langage en soi, souvent, on veut lui substituer des mots, un autre langage,
et manifestement, on est à coté. Pour peu qu'on soit sensible à
ce langage, la peinture transmet une émotion qui se suffit à elle
même". Chez Patrick Gaultier
il s'agit donc toujours de célébrer l'art comme un véhicule,
comme un médiateur, et jamais comme un but en soi. C'est à cette
condition seulement, pense-t-il, qu'il pourra produire le meilleur de lui même
: de miraculeuses rencontres dans un temps où l'individualisme et l'esprit
de séparation triomphent : celle de l'homme avec les racines de lui-même,
celle de l'homme avec d'autres vies. C'est
donc de réconciliation et de spiritualité dans un langage qui reste
celui de la peinture que nous parle ce galeriste. Et voilà peut-être
le secret de sa permanence. Sophie
et Patrick Giordano-Canal >
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