Présentation
Victor
Brauner
Nombre, 1943
Plâtre, plomb
164 x 64 x 64 cm
Le
célèbre marbrier Jules Cantini, qui avait acquis en 1888 ce très
bel hôtel particulier édifié en 1694, en fit don à
la ville en 1916 afin qu'il devienne un musée consacré à
l'art de notre temps. Ce musée abrite aujourd'hui une des plus belles collections
publiques françaises couvrant principalement la période 1900-1960,
les décennies suivantes étant représentées dans le
cadre du MAC (Galeries Contemporaines des Musées de Marseille).

André
Derain
Pinède, Cassis, 1907
Huile sur toile
Haut. 54 cm
; Long. 64 cm
La
présentation de la collection s'articule autour des séquences suivantes
:
Néo-impressionnisme,
fauvisme et premier cubisme : Paul Signac (Entrée du Port de Marseille,
1918), Henri Matisse (une très cézannienne Académie d'homme,
vers 1900-1902), André Derain (Pinède, Cassis, 1907, qui porte en
germe le passage du fauvisme au cubisme), Auguste Chabaud, Charles Camoin, Alfred
Lombard. Cinq paysages de Raoul Dufy réalisés à l'Estaque
en 1908 témoignent de l'importance de ce lieu dans l'élaboration
du cubisme.
L'entre-deux-guerres
: Des pièces majeures de Vassily Kandinsky, Frantisek Kupka, Jacques Villon,
Jean Hélion (Composition verticale, 1936), Alberto Magnelli (Pierres n°2,
1932), Laure Garcin (Les Hommes et la machine, 1932) et Julio Gonzalez (Danseuse
à la palette, vers 1934) illustrent quelques-uns des développements
de l'abstraction dans les années 30.
Le
surréalisme et Marseille : En 1940 et au début de 1941, au moment
du grand exil des intellectuels français, les membres du groupe surréaliste
décident de gagner la zone libre ou l'étranger. Beaucoup d'entre
eux se retrouvent ou se croisent à Marseille. Ce mouvement est particulièrement
bien représenté par des oeuvres majeures de Roberto Matta (Contra
vosotros asesinos de palomas, 1950), Max Ernst (Monument aux o iseaux, 1927),
Wifredo Lam, Jean Arp (Genèse, 1944), Francis Picabia, André Masson
(Antille, 1943, Le Terrier, 1946), Joseph Cornell (Flat sand box, vers 1950) et
Victor Brauner (la donation Brauner, qui a été attribuée
au Musée Cantini en 1988, est actuellement présentée dans
son intégralité).
L'après-guerre
et les années 50-60 : Si les oeuvres de Luis Fernandez (Paysage marine
n°4) et de Pablo Picasso (Tête de femme souriante, 1943) témoignent
des multiples métamorphoses de la figuration au lendemain de la guerre,
les années cinquante virent un nouveau courant abstrait traverser l'art
occidental, s'exprimant en des trajectoires parfois directement engendrées
par les derniers développements de l'aventure surréaliste : Camille
Bryen (Catharsigne, 1954), Simon Hantaï, Jean-Paul Riopelle (Crépusculaire,
1953), Philippe Hosiasson et les artistes japonais Kasuo Shiraga et Jiro Yoshihara
(Peinture, 1958), membres du groupe Gutaï.
Les
années 70-80 - Les grandes individualités : La continuation de l'aventure
non-figurative est illustrée par des oeuvres de Arpad Szenes (L'Epave,
1971), Maurice Estève (Javeleuse, 1978), Henri Michaux (Sans titre, vers
1982), etc. Soulignons enfin la présence, au sein de cette présentation
de la collection, de quelques-unes des grandes individualités du vingtième
siècle, créateurs dont le seul point commun est d'avoir mené
leur itinéraire propre en dehors de tout regroupement et de toute tendance
répertoriée : Jean Dubuffet (Vénus du trottoir, 1946), Alberto
Giacometti (Portrait de Diego, 1957) Balthus (Le Baigneur, 1960, La Lampe, 1958)
et Francis Bacon (Autoportrait, 1976).
Une
salle est en outre réservée à la présentation de quelques-uns
des plus beaux dessins de la collection du musée. Les oeuvres d'André
Masson (Portrait de Hölderlin, 1939 ; La sphynge, 1944), Picabia (Transparences,
1932), Rothko (Sans titre, vers 1940-1942), Dubuffet (Portrait de Michel Tapié,
1946), Picasso (Crânes, 1945), Hopper (Etude pour "Sun in an empty
room", vers 1963) - déjà connues du public -, voisinent avec
de très récentes acquisitions : deux gouaches sans titre de Bram
van Velde (1975 et 1978) et une nature morte de Giorgio Morandi (1959).