Présentation
C'est le 2 mai 1847
que le musée de la ville de Cambrai ouvre ses portes au public, suite aux
diverses tentatives en ce sens de la Société d'Emulation, la société
savante de Cambrai. Il est alors installé dans l'ancien bureau de l'état
major de la Garde Nationale à l'hôtel de ville, l'objectif premier
étant de présenter au public les saisies révolutionnaires
considérables de la cité archiépiscopale. Momentanément
fermé lors des troubles de l'instauration de la Seconde République,
il connaît, par la suite, un développement rapide et devient un acteur
fort de la vie culturelle cambraisienne.
Ses
achats et les dépôts de l'Etat se concentrent surtout sur l'art contemporain
d'où la présence affirmée des uvres du XIXéme
et du XXéme siècle. A la collection de la Société
d'Emulation s'ajoute les 27 uvres gagnées par la municipalité
lors des loteries clôturant les expositions de peintures et d'objets d'arts
organisées par la Société des Amis des Arts. Des artistes,
des anciens élèves de l'Ecole de Dessin de Cambrai ayant bénéficié
de bourse municipales apportent aussi leur contribution. A cela s'ajoute les dons
d'Antoine Saint Aubert, petit-fils d'Antoine François Saint Aubert, ancien
directeur de l'Ecole de Dessin.

Le
combat de la Société d'Emulation aboutit, en 1865, au transfert
des collections à l'hôpital Saint Julien. Désormais, le nouveau
musée inauguré le 1er avril dispose, à sa tête, d'un
conservateur assisté d'une commission administrative ainsi que d'un budget
de fonctionnement et d'acquisition. Sur l'initiative de la Société
d'Emulation, et suivant le courant national, le Musée s'ouvre à
l'histoire locale et accueille les découvertes archéologiques locales
provenant des fouilles du site gallo-romain de Beauvois (1870) et du site mérovingien
de Chérisy (1881).
C'est
l'accroissement considérable des collections qui motive le transfert du
musée de la Chapelle Saint Julien à l'hôtel de Francqueville
légué à la ville par l'industriel Auguste Legrand. Le nouveau
musée est inauguré au printemps 1893, il déclenche de nouveaux
dépôts et dons d'amateurs tel que les collections Glinel ou Delmas.
Il faut aussi citer ceux d'Ernest Delloye, ce dernier offrant l'ancienne collection
de monseigneur Belmas ainsi que sa propre collection.
La
première guerre mondiale sonne le glas de cet âge d'or. La ville
et le musée sortent profondément meurtris du conflit. Ainsi, l'hôtel
de Francqueville est la proie des bombardements de mars 1918. De plus, les Allemands
séquestrent les collections par voie d'eau jusqu'à Bruxelles, elles
sont brûlées par ces derniers lors de l'armistice de 1918

La signature, en 1990, du Xème contrat de plan Etat/Région, dont
une partie du budget est consacrée à la mise en valeur des musées
régionaux, débloque la situation. En effet, le taux attractif des
subventions - 66 % - décide le Conseil municipal à voter la rénovation
du Musée d'autant que le Conseil Général du Nord apporte
un complément de 10 %.
Le concours d'architecture est ouvert en 1990.
Jean-François Bodin et Thierry Germe sont retenus.
Les collections
s'enrichissent de dépôts du Musée national d'art moderne,
Centre Georges Pompidou, du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, du
Musée Zadkine, Paris et de quelques acquisitions.
Après deux ans et demi de travaux, avec 3000 m² d'extension, le musée
de Cambrai offre un visage et des objectifs nouveaux. L'aménagement des
espaces, la mise en valeur des uvres des trois départements
Archéologie
Patrimoine de Cambrai
Beaux-Arts
jouent
tour à tour sur le grandiose, l'intimité, la richesse, la sobriété,
l'étonnement, autant d'ambiances en harmonie avec les multiples facettes
des collections.