Présentation

Le
musée national Eugène Delacroix occupe une partie de l'appartement
du peintre et son atelier. Abandonnant l'atelier de la rue Notre-Dame-de Lorette,
Delacroix s'est installé rue de Furstenberg le 28 décembre 1857
pour se rapprocher de l'église Saint-Sulpice dont il avait été
chargé, dès 1847, de décorer une chapelle, aujourd'hui chapelle
des Saint-Anges. Sérieusement malade, l'artiste souhaitait à tout
prix finir son oeuvre mais il n'était plus en mesure de faire chaque jour
un long trajet.
"C'est
dans cet atelier qu'ont été faits les derniers croquis et remuées
les dernières pensées d'où le chef-d'oeuvre de Saint-Sulpice
est sorti... fruit des rêveries du vieux maître sous les arbres de
ce jardin, dans cette retraite silencieuse." (René Piot, 1930)
En 1932, pour
éviter la destruction de l'atelier -on veut y construire un garage-, la
Société des Amis d'Eugène Delacroix, constituée à
l'initiative des peintres Maurice Denis et Paul Signac, obtient la location de
l'atelier puis de l'appartement : elle se fixe le but "d'en assurer l'existence
et l'entretien" et de mieux faire connaître l'oeuvre de Delacroix.
En 1952, la Société ne peut acquérir les lieux menacés
par la mise en vente de l'immeuble ; elle cède ses collection à
l'Etat afin d'assurer la sauvegarde et de créer un musée. En 1971,
le musée Eugène Delacroix devient musée national.
Les trois
pièces de l'appartement -chambre à coucher, salon, bibliothèque-
ainsi que l'atelier sont proposés à la visite. La salle à
manger accueille la documentation, que l'on peut consulter sur rendez-vous. Le
jardin est également ouvert au public. Une partie importante du mobilier
de Delacroix a été dispersé après sa mort ; cependant,
grâce aux descriptions données par l'inventaire posthume, l'acquisition
de quelques meubles a pu être faite. Ce sont surtout ses oeuvres, peintures
de petit format, dessins, lithographies, ainsi que des lettres et divers souvenirs,
qui permettent au visiteur de découvrir l'intimité du peintre.
On trouvera dans
la chambre à coucher où Delacroix est mort le 13 août 1863,
outre des portraits de famille, celui de Jenny Le Guillou, sa fidèle gouvernante
qui reçut son dernier soupir. Le salon présente la mystérieuse
Madeleine au désert et divers dessins, pastels, aquarelles, exposés
par roulement en raison de leur fragilité.