Présentation

Edouard
Manet
Olympia
1863
Huile sur toile
H. 1,30 ; L. 1,90 m
Paris,
musée d'Orsay, offert à l'Etat par souscription publique sur l'initiative
de Claude Monet, 1890
(c) R.M.N. - Musée d'Orsay
L'architecture
du musée
"La
gare est superbe et a l'air d'un Palais des Beaux-Arts..." écrivait
le peintre Edouard Detaille en 1900. Quatre-vingt six ans après, sa prophétie
est vérifiée.
La
transformation de la gare en musée fut l'oeuvre des architectes du groupe
ACT-Architecture, MM. Bardon, Colboc et Philippon. Leur projet, sélectionné
parmi six propositions en 1979, devait respecter l'architecture de Victor Laloux
tout en la réinterprétant en fonction de sa nouvelle vocation. Il
permettait de mettre en valeur la grande nef, en l'utilisant comme axe principal
du parcours, et de transformer la marquise en entrée principale.
Trois
niveaux dessinent le parcours du musée : au rez-de-chaussée, les
salles sont distribuées de part et d'autre du cours central. Au niveau
intermédiaire, les terrasses dominent le cours et introduisent aux salles
d'exposition. L'étage supérieur est aménagé au-dessus
du vestibule qui longe le quai et qui se prolonge dans la partie la plus élevée
de l'hôtel sur la rue de Bellechasse.
Des
espaces distincts sont accessibles à partir de ces trois niveaux principaux
d'exposition des oeuvres: le pavillon amont, les passages vitrés du grand
tympan ouest de la gare, le restaurant du musée (aménagé
dans l'ancienne salle à manger de l'hôtel), le café des Hauteurs,
la librairie et l'auditorium.
La
muséographie
L'aménagement
intérieur du musée fut réalisé par une équipe
de scénographes et d'architectes sous la direction de Gae Aulenti. Avec
Italo Rota, Piero Castiglioni (consultant pour l'éclairage), et Richard
Peduzzi (pour la présentation de l'architecture), Gae Aulenti s'est attachée
à créer une présentation unifiée à l'intérieur
d'une grande diversité de volumes, notamment par l'homogénéité
des matériaux utilisés : revêtement de pierre au sol et sur
les murs. Cet aménagement répond à la démesure du
volume de l'ancienne gare.
La
signalétique a été conçue par B. Monguzzi et J. Widmer.
Quant à l'éclairage, la lumière du jour est utilisée
ainsi que des éclairages artificiels pour permettre les variations d'intensité
nécessaires en fonction de la diversité des oeuvres présentées.
Gustave Moreau
Galatée
Huile sur bois
H. 0,855 ; L. 0,66 m
Paris, musée d'Orsay, acquis
avec l'aide de Philippe Meyer, d'un mécénat japonais coordonné
par le quotidien Nikkei et le concours du Fonds du patrimoine
(c) R.M.N. -
Musée d'Orsay
Histoire
des collections
Le
musée d'Orsay est un musée national ouvert au public en décembre
1986 pour montrer, dans toute sa diversité, la création artistique
du monde occidental de 1848 à 1914.
Il
a été constitué de collections nationales provenant essentiellement
de trois établissements : le musée du Louvre pour les oeuvres d'artistes
nés à partir de 1820, ou émergeant dans le monde de l'art
avec la Seconde République; le musée du Jeu de Paume consacré
depuis 1947 à l'impressionnisme ; enfin le musée national d'Art
moderne qui, lorsqu'il s'est installé en 1976 au Centre Georges Pompidou,
n'a conservé que les oeuvres d'artistes nés après 1870.
A la différence
du musée national d'Art moderne qui, comme l'ancien musée du Luxembourg
consacré aux artistes vivants depuis 1818, était par nature un musée
de passage (les. oeuvres des artistes morts trouvaient selon des modalités
variables, de nouvelles destinations), le musée d'Orsay s'attache à
une période donnée et élargit le champ de ses collections
à des domaines jusque-là négligés - outre la peinture,
la sculpture, les arts graphiques et les objets d'art, ont été ainsi
constituées des collections de mobilier, d'architecture et de photographie.
La
politique d'acquisition menée depuis 1978 a tenu compte de ces nouvelles
priorités, sans négliger pour autant les grands domaines traditionnels
où un nouvel équilibre entre les tendances novatrices et l'art officiel,
entre l'art français et les écoles étrangères a été
recherché.
Tous
les moyens d'enrichissement des collections ont été mis à
contribution : outre les dons, legs et dations qui relèvent pour une bonne
part de l'initiative privée, mais qui sont aussi encouragés par
la dynamique du projet, le musée a bénéficié avant
son ouverture de crédits d'achats exceptionnels fournis par l'Etablissement
public chargé de sa création, et a mené une politique d'échanges
de dépôts qui a permis notamment de faire revenir à Paris
quelques oeuvres importantes de la production officielle, célèbres
en leur temps et indispensables à la démonstration.
La
même politique d'acquisition se poursuit
actuellement, axée sur
les oeuvres majeures qui peuvent enrichir ou compléter les collections,
ainsi que sur les témoignages apparemment plus modestes, comme des fonds
d'atelier, qui permettent de pénétrer jusqu'au secret de la création.