Présentation
Le Musée
d'Art moderne de la Ville de Paris a été inauguré en 1961,
dans l'aile gauche du Palais de Tokyo, édifié par les architectes
Dondel, Aubert, Viard et Dastugue à l'occasion de l'Exposition Internationale
de 1937.
Dès
ses origines, les donateurs, collectionneurs ou artistes ont constitué
une source essentielle de l'enrichissement du Musée. Ainsi, grâce
à la générosité du marchand Ambroise Vollard, en 1933,
l'Enterrement de Casagemas (1901) et les sculptures, le Fou et Fernande (1906)
de Pablo Picasso sont entrés dans les collections de la Ville de Paris,
et c'est au legs exceptionnel du docteur Maurice Girardin (plus de cinq cents
oeuvres) que l'on doit les points forts de l'actuelle collection avec un noyau
de peintures fauves, notamment La Pastorale (1905) de Matisse, Les Trois personnages
assis sur l'herbe (1906) de Derain ou l'Apéritif (1908) de Raoul Dufy,
un ensemble important d'oeuvres cubistes avec la Tête de femme (1909) et
la Nature morte à la pipe (1914) de Braque, le Pigeon aux petits pois (1911)
de Picasso ainsi que de nombreuses oeuvres de Rouault et de l'Ecole de Paris (Modigliani,
Gromaire, Dufy...). En 1954, l'Electricité de France a fait don de la grande
décoration de Raoul Dufy La Fée Electricité. Les donations
Amos (1955) puis Henry-Thomas (1976, 1984 et 1986) ont ensuite contribué
de façon décisive à donner au musée son identité,
en complétant les ensembles fauve et cubiste, offrant les premiers Picabia
et Kupka, et s'étendant aux artistes figuratifs ou abstraits de l'après-guerre.
Plus récemment enfin, des dons de nombreux artistes ont renforcé
la collection, notamment l'importante donation Hantaï en 1998.
Par
ailleurs, la Ville de Paris avait acquis dès 1937 des oeuvres majeures
telle que l'Equipe de Cardiff de Robert Delaunay (1913), Les Disques de Fernand
Léger (1918) et La Danse de Matisse (1932), dont le musée put acquérir,
en 1993, la première version, " inachevée ". A partir
d'une collection constituée autour de points forts (Bonnard, Delaunay,
Dufy, Fautrier, Rouault...), la politique d'achats a pour objectif aujourd'hui
de mettre l'accent sur certains ensembles, en illustrant des mouvements français
ou européens (Nouveau Réalisme, Arte Povera, Support/Surface, BMPT,
Figuration Narrative
), en constituant des ensembles représentatifs
de grandes figures de l'art contemporain (Boltanski, Buren, Lavier, Messager,
Soulages, Toroni, Polke, Darboven, Bourgeois
), et en soutenant la jeune
création (Bustamante, Fischli&Weiss, Huyghe, Hybert, Leccia, Moulène,
Parreno, Tosani...).
Tant
pour les acquisitions que pour le programme d'expositions historiques, le musée
s'est donné pour vocation, depuis les dix dernières années,
une priorité européenne.
Les manifestations temporaires constituent
une part essentielle de l'activité de l'institution en adéquation
avec l'image du musée. La programmation "historique" propose
des expositions monographiques consacrées à de grandes figures dont
le destin est lié à Paris ou à l'Europe à partir de
Paris. Ainsi, en 1989, Jean Fautrier et Frantisek Kupka ou l'invention d'une abstraction
; en 1990, Kees Van Dongen ; en 1991, El Lissitzky, architecte, peintre, photographe,
typographe, et aussi Alberto Giacometti ; rétrospective en 1994, André
Derain, le peintre du trouble moderne et en 1995, Chagall, les années russes,
1907-1922. En alternance, des profils plus discrets ont fait l'objet d'une programmation
de type "art et essai" : Sophie Taueber a inauguré cette série
en 1989, et l'artiste tchèque, Joseph Sima a été présenté
en 1992.
Par ailleurs, une série de grandes expositions à caractère
panoramique vise à présenter différentes scènes européennes,
en privilégiant une lecture neuve qui part d'une approche contemporaine.
La première de ces manifestations, consacrée à la Belgique,
L'art en Belgique-Flandre et Wallonie au XXème siècle : un point
de vue (1990) a été suivie par une exposition consacrée à
l'Allemagne, avec Figures du Moderne, l'Expressionnisme en Allemagne (1905-1914)
(1992), puis la Hollande, Art - Pays Bas - Hollande, la Beauté Exacte (1994),
et enfin la Scandinavie avec Visions du Nord, lumière du monde - lumière
du ciel (1998).
Dans une perspective européenne élargie, ont
été conçues Années 30 en Europe 1929-1939 - "
le temps menaçant " (1997), Le Fauvisme ou " l'épreuve
du feu " (1999-2000) et Ecole de Paris, 1904-1929, la part de l'autre (2000-2001).
Ces manifestations font l'objet d'une programmation globale, associant les départements
historiques et contemporains, ainsi que différentes disciplines (littérature,
cinéma, débats...).
Le
département contemporain/ARC propose une information sur l'actualité
nationale et internationale, avec un souci d'alternance :
- d'une part, des
expositions monographiques ont pour vocation de révéler au public
des artistes confirmés et de plus jeunes talents aux recherches les plus
novatrices (Jean-Marc Bustamante, Thomas Schütte, Sigmar Polke, Sophie Calle,
Felix Gonzales-Torres, Jean-Michel Alberola, Gabriel Orozco, Pierre Huyghe, Pipilotti
Rist, Douglas Gordon, Gillian Wearing...),
- d'autre part, des expositions
thématiques ou consacrées à des tendances en France et à
l'étranger : Life/Live, la scène artistique au Royaume Uni en 1996
(1996-1997), Instants donnés (1997), Delta (1997), Nuit blanche, scènes
nordiques : les années 90 (1998), Zones Activités Collectives 99,
(1999), Voilà, le monde dans la tête (2000), Paris pour escale (2000-2001).