L’eau, la forêt, les prairies…investir
le territoire “de manière récurrente”, l’espace
naturel au point d’en redéfinir l’approche, de réinventer
le regard que l’on porte sur ces zones sauvages ou maîtrisées
tel semble être le diktat de Jean-Marc Voillot, artiste-plasticien
qui manipule la matière, le bois, la pierre, comme d’autres
le font avec le plastique ou le métal.
A chaque projet, des élèments bruts extraits, manipulés,
agencés, prêts à être réinjectés
dans le paysage, dans notre paysage visuel. A chaque installation, sa
maturation, son site, ses codes… et la requalification de ce qui
l’environne. Micro-paysages, ces aires naturelles agissent sur
notre perception à différents niveaux, à diverses échelles…préhension
de l’espace, sensitivité… autant de champs que Jean-Marc
Voillot explore, attise, développe, valorise au sein d’œuvres établies
scrupuleusement et méthodiquement dans le lien qu’elles
entretiennent avec le support qui les accueillent.
Créer des rythmes, instaurer des décalages…ajuster,
niveler, échelonner, ouvrir surtout et sur tout, autant de termes
relationnés aux créations de cet artiste avide d’éveiller
le sol, les sens, et de trouver, in fine, que la nature, vue sous cet
angle, a décidément beaucoup à nous raconter.
Par Hélène Lallier, administratrice du Centre d’Art
Contemporain de Lacoux.