La
création dans l’intimité et la solitude de
l’atelier est une nécessité, parfois impérieuse
et urgente, une thérapie souvent, une délivrance. J’alterne
sans cesse les périodes abstraites et figuratives, les tons
sombres et colorés, pour éviter de me scléroser
dans une production stéréotypée. Une période
aboutie doit céder la place à une autre.
Un tableau
est à la fois une technique et un témoignage.
J’ai d’abord travaillé l’huile sur un support
réactif (panneaux mélaminés laqués) acceptant
la rapidité, la fluidité, la transparence aussi bien
que la matité, la truelle et ses empâtements, tout autant
que les excès de médium.
L’écriture est souvent présente et les mots,
parfois surréalistes, entrent en résonance avec les
bleus outre mer, les rouges alizarine, le jaune indien, pour des
moments d’éternité, fugaces et apaisants.
Depuis 2000,
sur un support indifférent, j’ai ajouté l’acrylique
(pour de larges aplats colorés), la matière de plus
en plus présente (sable, sciure, plâtre, papier broyé)
ainsi que les collages (papiers et chiffons), dans un travail plus
lent, plus traditionnel, où les personnages sont ancrés
dans le quotidien.
Mon univers
est l’eau, la pierre, le feu, le sang mais aussi
l’homme libre et apaisé qui se nourrit des empreintes
du passé pour avancer pas à pas, pour laisser des traces,
même modestes, à ceux qu’il aime.
Il reste à marier ces deux univers contradictoires mais, l’âge
venant, on peut nourrir l’espoir de découvrir un jour
les mystères de la pierre philosophale.