Sylvie Lesgourgues
vit au cœur d'un grand complexe récemment
construit, non loin des Buttes Chaumont, un peu en retrait de la vie
animée du 19 ème. Elle a d'autant plus de plaisir à organiser
avec ses voisins une vie conviviale dans la Cour Darius Milhaud où sont
regroupés quelques ateliers. Les artistes. par beau temps, se
retrouvent dans la Cour pour boire un verre ensemble et confronter
leurs projets.
Sylvie Lesgourgues
travaille sur plusieurs registres. Elle peint des sites imaginaires à partir d'œuvres littéraires,
des paysages inspirés directement de la nature, des anamorphoses
pour nous proposer des images vues sous des angles différents,
des objets familiers, "pour traquer l'humain dans le quotidien'.
Elle reprend à son compte ce que Henry Millet écrivit "dans
l'objet le plus humble nous pouvons trouver tout ce que nous cherchons,
que ce soit la beauté, la vérité, la réalité ou
la divinité. L'artiste ne crée pas ces réalités,
il les découvre au fur et à mesure de son acte".'
Les grands
murs sont aussi un espace que Sylvie Lesgourgues se plaît à décorer.
Elle a eu des commandes de fresques et de trompe-l'œil qu'elle
a réalisés avec un plaisir intense.
Ce plaisir de peindre, elle l'a depuis toujours. Elle parle de la peinture
comme une gourmande de mets succulents.
A l'atelier
cette artiste fait de grands paysages à partir
de photos prises dans la nature, se concentrant sur les détails
qui l'ont émue. Sans émotion, pas de peinture. Sylvie
Lesgourgues espère qu'en regardant ses toiles, on entendra le
bruit de l'eau qui coule, on sentira le parfum des végétaux.
Plus que la
couleur, c'est le passage de l'ombre à la lumière
qui l'intéresse, c'est arrêter le temps pour vivre l'instant
magique où nous allons découvrir quelque chose qui nous
est peut-être familier et que nous n'avions jamais regardé dans
l'émotion. Obéir à une sensation, la restituer
pour que d'autres y trouvent aussi leur plaisir, voilà ce qu'elle
recherche. C'est vers des paysages moins figuratifs, plus colorés
qu'elle s'oriente maintenant. Ils nous parlent tout autant, peut-être
parce qu'ils nous laissent plus libres de les interpréter.
L'autre source
d'inspiration de Sylvie Lesgourgues part de thèmes
que se sont donnés des plasticiens regroupés dans l'association
du Pré Saint Gervais. Ils se sont mis d'accord sur le thème
du NON, non à la pollution dans la nature, aux détritus,
au gâchis et sur le thème des lieux imaginaires dans la
littérature.
Sylvie Lesgourgues
a choisi des nouvelles de G.Garcia Marquez et dans ces nouvelles
une histoire
d'ange déchu. C'est le côté non
figuratif de son oeuvre peinte à l'huile, à l'œuf, à la
gouache, qui a pris beaucoup d'importance. Sylvie Lesgourgues continue à peindre
des lieux imaginaires devant lesquels elle nous invite à rêver.