Peindre
Aussi
loin que je me souvienne, j'ai toujours peint ou dessiné mais
je ne me
suis véritablement et complètement adonnée à la
peinture que depuis une dizaine
d'années.
Mes maitres : Matisse, de Stael, Poliakof, Atlan, Zao Wou Kee, Miro,
Vermeer,
Bosch, les primitifs italiens...
Aimant trop la "grande" peinture, je ne me suis pas senti
le droit de continuer
sans éprouver et parfaire ma technique. J'ai donc participé à différents
ateliers: Lavis, aquarelle, huile, acrylique, pastels,... La copie
de maîtres
anciens et modernes m'a permis d'étudier leur touche, leurs
subtilités
particulières qui les rend uniques. Ce fut très instructif.
Plus à l'aise techniquement, j' ai commencé à me
sentir à l'étroit dans la
stricte représentation du réel. J'ai eu besoin de liberté pour
laisser ma
créativité s'exprimer.
J'ai
donc évolué vers l'abstrait . Cela m'a également
permis de satisfaire mon
goût pour la sculpture et la matière;et j'ai associé à la
peinture, du sable,
des feuilles de métal, de la soie, des textiles...
J'essaye
de ne pas charger ma peinture de symboles ou de concepts littéraires.
Ma démarche n'est que pure recherche de plaisir, guidée
par les sensations et la
rêverie.
La
musique, la lumière, des ciels, des odeurs, des goûts,
certains mots,
certains êtres, provoquent en moi une forme de synesthésie,
source de mon
inspiration.
je note donc des idées, des indications de couleur et de matière
sur un carnet.
Etant souvent en déplacement, (je partage ma vie entre Paris,
les Cévennes,
l'Italie et les Baléares), c'est uniquement lorsque je sais
que je vais avoir
une longue période sédentaire que je dépose
sur la toile ce que j'ai dans la
tête.
Matisse
a dit que «les peintres doivent commencer par se couper
la langue», il a
raison. Je suis souvent surprise par certains peintres qui expliquent
longuement
la signification de ce qu'ils ont peint.
Pour moi, ce n'est pas ce qui est important.
Un tableau ne devrait pas être expliqué.
La peinture est une " auberge espagnole": Celui qui peint
apporte ce qu'il est,
ce qu'il ressent. Si "l'autre" éprouve plaisir, émotion
esthétique ou même
malaise ou angoisse, c'est qu'il y a rencontre avec ce qui est en
lui et qu'il
ne connaît pas toujours.
Dans
une société où règne l'individualisme
et où la parole ne suffit plus pour
communiquer, seuls, l'Amour ou l'Art peuvent provoquer une vraie
empathie.