Les
personnages ou têtes (que
Rebecca appelle " Les Trognes") ne sont pas vraiment des
caricatures. ni des icônes, des symboles ou des “attrape-poussière”,
ni surtout des oeuvres plasticiennes avec un grand O et un grand
P. Ou alors il faudrait leur appliquer toutes ces définitions à la
fois, tout en ajoutant qu'ils font partie d'un grand peuple, comme
les Gnomes, les Ostrogoths, les Schtroumpfs ou………… les
Français.
A vrai dire
c'est surtout à ces derniers qu'ils
ressemblent…
D'abord parce
qu'aucun d'eux ne se ressemble, sauf par le fait de ne s'accommoder
d'aucune définition ni d'aucune fonction utilitaire,
tout en se prêtant à toutes les associations d'idées
qui vous viendraient à I'esprit : vous reconnaitrez facilement
Napoleon III, la Goulue, Marcel Proust, votre voisin de palier, l'homme
(ou la femme) de votre vie, Vincent Van Gogh ou votre Inspectrice
des Impôts.
Rebecca les
appelle a une "ré-existence" au cours
de ses rares heures de gratuité, le reste de son temps étant
dédié à I'invention de nombreux objets répondant à des
besoins divers, comme chapeaux, costumes, mannequins et automates
grandeur nature pour des musées.
Sans oublier
les expositions et la decoration textile d'interieur, Rebecca
est toujours plus passionnée et captivée par
la réalisation de têtes en textile sculpté, de
personnages intrigants, comme " Les Trognes "
Encore moins
ne vous dirait-elle à quels lieux (ou à quelles
péripéties) elle destine ses créatures.A I'étagère
d'une chambre d'enfant, la salle d'attente d'un psychanalyste, la
vitrine d'un collectionneur, au trottoir d'un marché aux puces
ou aux honneurs d'un musée d'art brut? A être déballées
d'un paquet-cadeau ? A être exposées dans un grand magasin
de Tokyo? A être revendues avec profit par un galeriste des
beaux quartiers ? Ou simplement, comme tout le reste de la création, à retourner à la
poussière ?
Pour les
connaître de près, vous n'avez qu'à vous
promener vers le canal Saint Martin remontez en direction de Belleville
au N° 6 de la rue du Buisson Saint Louis dans le Dixième
arrondissement et collez votre nez entre les vieux barreaux en bois
de la vitrine.
Texte de Frank Horvat, photographe.