Babyboomer,
je suis né en 1960, l'année où la RDA désigne
Elvis comme ennemi public numéro un.
A quatorze ans, j'achetai mon premier disque, à seize
montai mon premier groupe. Mais le guitariste fugua.
Par hasard,
je me retrouve diplômé d'une grande école
de commerce et cherche du travail habillé avec un costume écossais
mauve et jaune. Malgré ma tenue de clown, je parvins à impressionner
un boss de Bayer, en débarquant dans son bureau sans me faire
arrêter par la sécurité.
Mais pour moi ce fut tragique : Je réalisai que j'allais devenir
le fils prodigue tant attendu, un golden boy. J'allai pourtant pouvoir
acheter plein de Golf GTI à mes copines.
A la place,
je décidai d'accomplir mon plus grand désir
:
Devenir peintre. J'ai envoyé une lettre spontanée à un
grand peintre, Pierre Alechinsky. Le maître m'appela un matin.
J'étais tellement impressionné que je lui ai dit : "Bonsoir
monsieur" à neuf heures du matin. Il voulait voir mes
peintures...
Je suis allé dans son atelier aux Beaux Arts, une semaine
trop tôt. Quand finalement notre rencontre eut lieu, je l'ai
entendu dire :
"
Briat, nous allons travailler ensemble". Ce qui sauva ma vie.
J'admire aussi Chirico, Malevitch, Matisse, Richter, Redon.
Mais je ne les ai pas rencontré