Ces
images sont nées d’une fascination et d’une
proximité : elles sont le fruit d’une expérience
quotidienne et d’une attirance ressentie comme un appel
: les étangs et le littoral audois sont pour moi chaque
jour à portée de regard.
Je n’ai toutefois pas voulu rendre compte d’un paysage
typiquement méditerranéen, exalter « la couleur
locale » de ces lieux, j’ai seulement tenté de
les approcher et de retenir d’eux ce qu’ils auront bien
voulu me laisser prendre ou ce que j’aurai su apprivoiser.
Il s’agissait de garder, ou plutôt d’élaborer
une trace de la relation particulière et contingente qui se
tisse, à un moment donné, entre un lieu et un homme.
Un cadre est choisi, dans lequel rien n’est fixe : un oiseau
peut prendre son envol, les nuages en s’effilochant, font varier
la lumière, la surface de l’étang frissonne sous
les risées. J’ai essayé de recueillir quelque
chose de ces événements, de fixer quelque part les émotions
qu’ils m’ont laissées ; j’ai voulu que leur
existence dépose un sédiment, que leur mémoire
ne s’inscrive pas que sur le sable et l’eau.
Il y a eu
des petits matins, des fins d’après-midi,
des journées de vent, des tempêtes ; (j’ai calé mon
filet à lumière et j’ai attendu…)Voici
des vestiges de ces espaces et de ces instants , comme des concrétions
absolument planes façonnées par ces lieux mêmes
et mon désir de les approcher
Réalisées au format 6 x 7. Tirages grands formats argentique.