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L'éthique relationnelle
Slimane
Raïs, est un artiste qui, d'interventions en interventions, tisse un
parcours singulier et passionnant. A travers des processus mettant en jeu
des échanges de paroles, d'objets personnels, d'histoires, de secrets,
il expérimente, à partir de ce qui constitue la part la plus
individuelle de chacun de nous, un nouveau lien social.Pour délimiter
sa démarche, la référence à l'esthétique
relationnelle, à laquelle on attache fréquemment son travail,
ne peut suffire. Pareillement, le socle conceptuel que l'artiste propose
lui-même, le PPCM (le plus petit commun multiple) ne peut lui aussi
tout à fait circonscrire une uvre qui possède une belle
complexité de sens et de lectures.Slimane Raïs crée donc
des rencontres. Accueilli dans un lieu, dans un contexte, il y développe
un moyen (toujours différent) d'entrer en relation, à partir
d'un petit rien commun susceptible de polariser l'échange.L'uvre
n'est pas une conséquence de la relation engagée. L'uvre
est cette relation, la relation est l'uvre. L'artiste crée la
situation et assume d'en être de façon forcément subjective
et sensible l'un des acteurs. Au fil des rencontres, c'est donc aussi un
portrait impressionniste de l'artiste qui se dessine.Parmi les qualités
constitutives des uvres de Slimane Raïs on trouve bien sûr
la maîtrise des éléments formels et plastiques qu'il
choisit : vidéo, installation, performance, dessin, téléphone, écrits
Mais
avant tout peut-être, on trouve une certaine éthique relationnelle.
Aujourd'hui le recul devient suffisant pour commencer à mettre en
perspective les différents processus menés par Slimane Raïs
depuis 1994. On découvre alors qu'une uvre parmi les plus cohérentes
est en train de se construire.L'art de Slimane Raïs est bien un art
qui s'inscrit dans le champ social. Il détient même un caractère
politique subtil par le maillage social qu'il induit face au morcellement
social qui s'accroît. Ce qui est étonnant, c'est qu'il y parvient
sans agiter les problématiques collectives habituelles. Il y parvient
en parlant
d'amour, de chagrin, de rêve, de peur, d'émotion,
de secret, d'intimité, bref, de ce qui constitue le tremblement le
plus diffus d'une vie. C'est comme cela que les gens de Slimane s'infiltrent
avec délicatesse dans notre mémoire collective, par ces tremblements
diffus de nos vies qu'il nous donne à partager.
Alain Livache
source
: http://www.art-to-date.com
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