|
Essentiellement
sculpteur, créateur de fétiches, les premières uvres
de Godefroy Kouassi étaient monumentales. On peut en voir sur des
places
publiques en France et au Togo. Depuis une dizaine d'années, oscillant
entre l'art de récupération et les ready-made de Duchamp, il nous
invite à une nouvelle lecture de notre environnement quotidien. Son esprit
critique et ironique assure une liaison entre les masques et les idoles des arts
traditionnels africains et l'esthétique superficielle des ustensiles de
notre vie moderne. Le surréalisme n'est pas étranger à sa
démarche, il poétise les chauffe-eau, totémise les aspirateurs,
ainsi il rend à la terre ce que les techniciens lui empruntent.
Ses
toiles veulent garder les arômes de l'Afrique, café et chocolat.
Son support est un sac de jute, son motif s'apparente aux pochoirs, aux lettres
d'imprimerie. C'est un message ascétique, un ton chaud, un ton profond. " C'est
la misère entourée d'or ", dit-il.
À travers son enseignement et plus de 20 expositions, il recycle et prolonge
les
scories de notre civilisation. La sagesse du plasticien pérennise l'éphémère.
G.R.
|