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Né en
1950, dans le sud-ouest du Niger, dans une famille de pasteurs peuls, Boubacar
Boureima est sans nul doute le peintre le plus accompli de son pays. Jugé trop
jeune pour enseigner lorsqu'en 1967 il est admis au concours de la Télévision
scolaire de Niamey, ses qualités de dessinateur lui valent de se convertir
en illustrateur d'émissions. Du dessin à la peinture, cet artiste
autodidacte a vite franchi la frontière. Les impressions mitigées
qu'il garde d'une année passée à l'Institut des Beaux-Arts
de Cologne en Allemagne (1979-80) ne prendront forme qu'au terme d'une lente
maturation
assumée dans l'originalité.
Depuis 1974, il tient des expositions dans plusieurs pays d'Afrique, d'Europe,
notamment en France, et aux Etats-Unis.
Ses tableaux sont dispersés aux quatre coins du monde, certains ornent
les chancelleries, hôtels, banques et bâtiments ministériels à Niamey.
Il pratique le collage, la peinture à eau, huile ou vynilique sur carton,
toile, verre, feuille de plastique et bois. Ses tableaux de jeunesse, nourris
de souvenirs de son enfance pastorale, représentent
des scènes bucoliques sur fond de poussière rougeâtre et
d'azur
délavé par la canicule. Boureima s'est également attaché à styliser
la riche diversité de l'artisanat nigérien qui lie intimement l'utilitaire
au décoratif. Le savant dosage de couleurs chatoyantes et la finesse des
nuances et des variations rendent les dessins pyrogravés sur calebasse
et poterie, les motifs de tissage (Sakala, Kounta, Téra-Téra, Variations)
et de maroquinerie, plus vrais que nature.
Peintre sahélien par excellence, ses toiles les plus abstraites conservent
encore les empreintes
de la terre ocre et de l'architecture soudano-berbère. Eclatantes "parures" de
femmes peules, costumes bigarrés de foules, port altier des méharistes
targuis, toiles impressionnistes sont autant de preuves du syncrétisme
culturel qui imprègne toute l'oeuvre de ce génie condamné à céder
ses tableaux avant même d'y poser la dernière
touche.
J-B D-Y
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