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Kinshasa
dans une atmosphère d'utopie urbaine. Ils sont le fruit d'une imagination
fertile, fantasque, apparemment imperméable à l'éloquente
tradition africaine des masques, de la sculpture et de la peinture murale.
Depuis l'exposition Les magiciens de la terre, en 1989, qui le propulse sur
la scène
internationale, Bodys Isek Kingelez, artiste zaïrois, n'a cessé d'exposer
ce qu'il aime intituler " ses extrêmes maquettes ".
Dans une
large mesure autodidacte, il fut restaurateur de tableaux avant de devenir
maquettiste. Fasciné par l'aspect incontrôlable, bouillant des
paysages des villes, il puise son inspiration dans les grandes métropoles
européennes et africaines avant de mettre en place ses structures à la
manière d'un jeu de légo. Il n'hésite pas d'ailleurs à revisiter
en réduction les thèmes récurrents à cette architecture
post-moderne : bâtiments officiels ou constructions à forte
charge symbolique. Des constructions comme La Mitterannéenne, Le mausolée
Kingelez ou encore La rue des soûlards témoignent d'une même
faculté de réinterprétation des modèles architecturaux
post-modernes.
À la
base de tout projet, il écrit un texte esquissant avec rigueur et
précision les intentions sous-jacentes, le programme de construction.
Pour la réalisation, il utilise des matériaux très simples,
essentiellement du papier et des morceaux de carton récupérés
qu'il agence dans une sorte de bricolage minutieux et précis, ne laissant
de côté aucun détail superflu.
Dissimulant
l'aspect froid et distant de l'objet maquette, les façades sont agrémentées
de couleurs acidulées, les couronnements et les bases des monuments
animés de drapeaux, fanions et oriflammes.
Tout en
déployant magnificence et apparat, ses maquettes aux allures post-modernes
revisitées, demeurent pourtant de pures conceptions imaginées,
sans le moindre lien avec le monde des entrepreneurs.
M-F. H. |