Lyon
Septembre de la photographie, dans sa thématique,
ajoute au panorama français un nouveau point de vue sur la
photographie, à côté de manifestations d’importance
comme Visa pour l’image de Perpignan qui traque l’actualité et
les clichés comme objectivation de problèmes sociaux
; Les Rencontres d’Arles qui rendent compte d’une actualité,
ou encore Paris Photo qui s'inscrit dans le cadre du marché de
la photographie.
La spécificité de Lyon Septembre de la Photographie
est de trouver et de pratiquer le lien entre la photographie documentaire
et l’art contemporain. Elle interroge la praxis de la photographie
documentaire créative qui confronte la subjectivité du
photographe à sa rencontre avec le réel au travers
de la sociologie, l’histoire, la littérature, l’anthropologie,
l’ethnologie, l’urbanisme, l’architecture, la psychologie
etc.
Depuis 2008, le festival a invité trois écoles d’art
: l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Lyon, l'Ecole Nationale Supérieure
de la Photographie d’Arles et l'Ecole Normale Supérieure
de Lyon, présentes lors de trois jours de Rencontres afin
de développer une réflexion autour de la photographie
documentaire contemporaine.
* Thématique :
US TODAY AFTER...
Après le 11 septembre et Katrina le rêve américain
désenchanteur...
Le vers dans la pomme qu'Henri Miller qualifiait de « cauchemar
climatisé ». Et au bout du périple sur les road
movies des internets, croisés à toute allure des créateurs
d'images au son des obturateurs d'Andrew Bush et de Paul Fusco dans
le train qui ramène le corps de Kennedy en 1968 ou de Nina
Berman qui accompagne la triomphale campagne d'Obama de 2008.
L'Amérique est always en route, sautant des pas géants
d'Armstrong, aux empreintes souterraines des boucliers nucléaires
du désert illuminé par les dancings fumeux de Las Vegas...
Entre ces deux bornes le drapeau étoilé sans cesse
oscille de l'espoir aux désillusions, du va t'en guerre perdu
du Vietnam et de l'Irak, de Nixon à Bush junior, de Kennedy à Obama
en passant par Luther King !
Et les US avancent vers ce future toujours ravivé au gré des
soubresauts de l'histoire médiatisée, se recréant
sans cesse une nouvelle frontière. Quand Zimmerman chantant « the
time they are changing » prophétisait la roue qui ramène
sans cesse au « middle of nowhere », cette arrogance
des vainqueurs ébranlée par les grands oiseaux blancs
des terroristes du 11 septembre... Ces éléments déchaînés
qui balayent les mensonges urbanistiques de la Nouvelle Orléans,
révélant la misère des plus pauvres dans le
pays le plus riche du monde, ce feu qui ravage la Californie où les
rêves s'assèchent dans les rivières... couverte
par les speechs évangélisateurs des prêcheurs
publicitaires.
Gilles Verneret, directeur artistique
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