Aventurier
de l’art, les projets de Laurent
Tixador ont un propos utopique et ses actions sont souvent extrêmes.
En 2005, Il entreprend plusieurs expéditions au Groenland,
avant de devenir le premier artiste à atteindre le pôle
Nord. Dans Total symbiose 4.1 Laurent Tixador s’immerge en
2009 pendant deux semaines dans un monde à la fois commun
et mystérieux, celui des grandes entreprises implantées à la
Défense à Paris.
Dans son dernier film entre documentaire et fiction (2009) Au bout
de 8 jours, on va reprendre notre place, tourné dans une caserne
abandonnée, trois squatters jouent aux soldats avec de vieux équipements
militaires et élaborent des structures défensives. Ils
sont rejoints par une équipe de tournage qui s’installe
dans la communauté et adopte leur utopie paranoïaque. Les
procédés filmiques empruntent alors les codes et les
stéréotypes de la télé réalité,
les protagonistes se retrouvent peu à peu dans une sorte de
Koh-Lanta sans finalité, dans lequel les rôles de chacun
s’inversent, se brouillent jusqu’à opérer
une lente transformation
des participants et à produire un réel malaise partagé
par le spectateur. L’affaire après de nombreuses péripéties
se poursuit dans la forêt d’Huelgoat et sombre peu à peu
dans une sorte de déliquescence qui met un terme au film et à cette
expédition. Pour le Dourven Laurent Tixador souhaite créer
les conditions de réception de son film tout en réalisant
une oeuvre qui peut se lire de façon autonome. L’artiste
envisage la construction d’un Bunker qui prend place au sein
de la galerie, en occupe la majeure partie et déborde même
de celle-ci, comme si la maison avait été construite
dessus ou comme si elle le prenait comme base de ses fondations. Il
est comme un monolithe dans lequel on ne peut pénétrer.
Une sculpture qui, de par son occupation de l’espace, rejoint
les proportions de l’architecture et se présente contre
l’environnement paysager alentour. Une antithèse plausible
au vue du promontoire sur lequel a été placé la
maison. Le film projeté sur un des murs du Bunker prend une
nouvelle dimension et modifie le sens de la sculpture. Le Bunker et
le film deviennent le réceptacle des tensions et une métaphore
de l’énigme
de l’art.
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