La
Galerie Daniel Templon présente pour
la première fois en France Anju Dodiya, l’un des artistes
les plus appréciés en Inde aujourd’hui.
Acte de rébellion et d’exorcisme, sa peinture frappe par
le contraste entre l’intensité dramatique des sujets et
les subtilités de la réalisation.
Face à face est une série d’œuvres sur papier
travaillées à l’aquarelle et au fusain. Anju Dodiya
y rend un hommage héroï-comique au travail créatif
du peintre considéré comme un art martial. Elle fait
le portrait de l’artiste en samouraï, fidèle à la
peinture, qui affronte ses propres démons et doit « tuer
ou être tué » dans le rituel de l’atelier.
Anju Dodiya s’est inspirée du maître japonais
de l’estampe sur bois Utagawa Kuniyoshi et de son Fidèle
Samouraï daté de 1847-1848. La ligne élégante
des estampes, leurs couleurs pâles, combinées au sexe
et à la violence explosive font ainsi une percée dans
cette série récente. Alors que les traces d’aquarelle
chevauchent les nuages de fusain, recréant les tempêtes
dans l’atelier, l’artiste chorégraphie la bataille
de la création. Ironiquement, dans ce face à face,
avec le passage du temps, l’artiste disparaît et seule
l’œuvre demeure.
Née à 1964 et diplômée de la Sir J.J.
School of Art (Mumbaï), Anju Dodiya vit et travaille à Mumbaï.
Sous la forme de l’autoportrait, ses peintures explorent depuis
quinze ans les conflits entre intériorité et réalité extérieure.
Pour mettre en scène le théâtre des émotions
personnelles, l’artiste réactualise des sources historiques
aussi variées que les miniatures indiennes, les tapisseries
médiévales françaises, les peintres italiens
de la Renaissance ou les photos de journaux. Essentiellement aquarelliste à ses
débuts, Anju Dodiya a évolué vers un travail à l’acrylique
et au fusain sur toile ou sur matelas ou tissu et a également
expérimenté la sérigraphie. Son œuvre a été présentée
notamment à l’exposition Art in the world 2000 organisée à Paris
par Fabrice Bousteau, au Chicago Cultural Centre en 2003, au Museum
of Contemporary Art de Shanghaï en 2009 et à la 53ème
Biennale de Venise, Making Worlds, en 2009. Elle a également été régulièrement
exposée par les galeries Chemould et Bodhi Art à Mumbaï,
par la Vadhera Art Gallery à New Delhi, et par Bose Pacia à New
York
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