Nous vivons dans la société du spectacle.
Malgré les effets aliénants qu'elle a sur notre vie
et sur nos liens sociaux, elle est une des conditions les plus fondamentales
de notre existence. Nous percevons le monde et communiquons entre
nous par le spectacle -un système de production et de représentation
d'images dominé par la logique du capitalisme de marché,
qui tend à "développer" nos facultés
de perception, d'imagination et de réflexion afin d'en faire
un "modèle unidimensionnel" formaté par le
langage de l'idéologie consumériste. C'est également
la condition tout à fait contemporaine de notre auto-identification
et de l'ordre social "garanti" par la structure du pouvoir établi.
En tant que typologie de base des évènements artistiques
et culturels de notre époque, les biennales d'art contemporain
sont sans aucun doute la forme ultime d'expression de cette tendance.
Cependant, alors qu’il n’existe plus de « dehors » pour
cette société du spectacle à l’âge
de la globalisation ou de l’ « empire global » (Antonio
Negri et Michael Hardt), reste la nécessité d’un
engagement critique et d’une négociation subversive
avec cette condition de « non-dehors ». C’est ici,
en s’engageant de cette façon, que l’art et la
culture contemporains peuvent retrouver leur rôle social de
force critique et de voie permettant à l’imagination
de faire des propositions pour un avenir meilleur.
Comme l’ordre social, économique et politique ainsi
que la structure intellectuelle, artistique et culturelle qu’impose
la société du spectacle sont apparemment invincibles,
il existe une urgence absolue et un besoin permanent pour les mondes
de l’art et de la culture: il leur faut trouver de nouvelles
visions et de nouvelles stratégies qui ouvriront sur des idées
et des solutions différentes et alternatives pour l’avenir
du monde. Celles-ci devraient être diverses, complexes, toujours
changeantes et ouvertes à toutes sortes d’incertitudes
et de potentialités qui iraient à l’encontre
de l’immuable, du réductionnisme et du contrôle
de l’ordre établi. Le domaine de la vie de tous les
jours, ou encore « le quotidien », est certainement l’espace
le plus ouvert et le plus efficace dans lequel, du fait de l’ « altermondialisme » -
la tendance globale d’activisme social et d’initiatives
indépendantes pour la construction d’un monde nouveau,
qui irait du bas vers le haut, et beaucoup plus juste -, il est possible
d’imaginer et de proposer de manière très créative
des idées et une vision neuves tout en encourageant énergiquement
une mobilisation sociale réclamant davantage de liberté et
une communauté d’intérêts plus large. Comme
l’a remarqué Michel de Certeau il y a deux décennies,
la (ré)invention de la vie de tous les jours - "le quotidien",
ou l’ordinaire -, grâce à des usages différenciés
des "jeux" avec nos objets, nos comportements et nos modes
de pratique quotidiens, nous permettra d’obtenir davantage
de liberté dans nos négociations avec l’ordre établi.
En fait nous sommes aujourd’hui témoins de la naissance
d’un ordre nouveau qui mène la structure globale de
la communication humaine et des activités économiques,
sociales et politiques au-delà de la structure unidimensionnelle
du pouvoir. De plus en plus, nous embrassons un monde reconstruit
sur la complexité, qui mêle des modes d’organisation
et de circulation vertébraux et cellulaires, verticaux et
horizontaux, distants et proches. Comme l’a dit Arjun Appadurai,
il s’agit d’un processus de globalisation venu de la
base. Les changements de nos pratiques de vie quotidiennes, ou leurs
réinventions, sont les aspects les plus cruciaux de la fondation
de cet ordre nouveau. C’est également le contexte le
plus stimulant dans lequel l’art contemporain peut évoluer
et obtenir une nouvelle pertinence. À l’époque
de la globalisation, il ne suffit pas que l’art contemporain
soit devenu un phénomène spectaculaire accepté par
presque tout le monde sur notre planète. Il est plus important
encore de montrer que les artistes et les communautés artistiques
des différentes régions du monde partagent de plus
en plus des savoirs et des stratégies communes leur permettant
de se réinventer par des engagements dans le domaine de la
vie quotidienne. Par magie, les artistes, en nombre toujours plus
grand, transforment l’ordinaire en formes, significations et
usages nouveaux tandis que les mobilisations collectives et innovantes
viennent agir au premier plan en tant que structure plus démocratique
des pratiques artistiques et de leurs fonctions sociales. Ils sont
au cœur de la scène globale - artistique et culturelle
- d’aujourd’hui. Du fait de leurs modes intenses de présentation
et de promotion de ces initiatives à l’aide des outils
les plus efficaces, y compris les évènements spectaculaires
que sont les biennales internationales, les pratiques véritablement
innovantes et pertinentes de l’art contemporain auront droit à plus
de visibilité et nous aideront à construire un nouvel
espace réellement public pour notre époque.
Après 20 ans d’existence et de croissance, la Biennale
de Lyon doit faire face à un nouveau challenge afin de se
réinventer. En explorant et en présentant la nouvelle
tendance de la scène artistique globale, où tous s’efforcent
ensemble de réinventer l’ordinaire pour en faire quelque
chose de spectaculaire et d’unique, ou encore de produire une
nouvelle multitude d’expressions de la diversité, de
la complexité et de l’interactivité, la Biennale
trouvera certainement une nouvelle jeunesse. Et c’est là la
meilleure recette pour affronter la crise dans laquelle le monde
entier est aujourd’hui plongé...
Le Spectacle du Quotidien change fondamentalement et le spectacle
et le quotidien!
La Sucrière - Le Musée d’art contemporain -
La Fondation Bullukian - L’Entrepôt Bichat
Commissaire : Hou Hanru
Directeur artistique : Thierry Raspail
Régisseur artistique général : Thierry Prat
Adresse :
La Sucrière
Les Docks, 47-49 quai Rambaud, Lyon 2ème
Musée d'Art Contemporain de Lyon
Cité Internationale, 81 quai Charles de Gaulle, Lyon 6ème
Fondation Bullukian
26, place Bellecour, Lyon 2ème
L'Entrepôt Bichat
5, rue Bichat, Lyon 2ème
Horaires :
Du mercredi 16 septembre 2009 au dimanche 3 janvier 2010
Fermé le 25 décembre 2009 et le 1er janvier 2010
(Journées professionnelles les lundi 14 et mardi 15 septembre
2009)
Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 19h
Nocturne le vendredi de 12h à 22h
Fermeture hebdomadaire le lundi
Ouverture exceptionnelle le matin pendant la Fête des Lumières
Samedi 5, dimanche 6 et mardi 8 décembre de 10h à 19h
Date Vernissage :
14/09/2009
Informations Vernissage :
Journées professionnelles 14 et 15 septembre 2009
Combien
Le billet d'entrée :
- Donne accès une fois à tous les lieux d'exposition
- Est valable pendant toute la durée de la Biennale
Plein tarif : 12 €
entrée + audioguide ou visite commentée : 14€
Tarif réduit : 6 €
( - de 26 ans, demandeurs d'emploi, carte famille nombreuse, nocturne)
entrée + audioguide ou visite commentée : 11€
Gratuit : - de 15 ans, étudiants de la région Rhône-Alpes, élèves
des écoles des Beaux-arts, étudiants en histoire de
l'art, étudiants en arts plastiques, rmistes, cartes mapra
et maison des artistes, icom, détenteurs de la carte m'ra,
personnes à mobilité réduite.
Pass permanent :
- Permet un accès libre et illimité sur tous les lieux
d'exposition
- Est valable pendant toute la durée de la Biennale
pass perso : 19 €
pass duo : 28 €
pass jeune : 12
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