"Le monde est une énigme, voudrait
signifier l'exposition-installation : c'est-à-dire un monde
fait de signes obscurs, de figures mouvantes, étranges, de
chemins qui bifurquent sans cesse - mais aussi de contradictions,
de retours, de dédoublements. Un monde où les personnages
semblent habités par des puissances extérieures. Un
monde de médiums, de passeurs (les acteurs, les artistes acteurs)
: passage d'une réalité à une autre, d'un état
psychique à un autre. Un monde conduit par un principe de
répétition-variation qui affecte le langage, les êtres,
les lieux. Dans ce labyrinthe, Ariane a emmêlé son fil
; elle nous perd et, nous perdant, nous permet de faire des rencontres,
de faire l'épreuve du Retour, l'épreuve du cercle sans
commencement ni fin, où les identités se dissolvent
pour faire place aux simulacres, aux fictions pures. Le monde est
devenu fable, c'est-à-dire le monde n'existe que dans le récit
(...)."
"Des territoires se chevauchent, se croisent ou encore s'interpénètrent
dans l'espace propre du cinéma. La dynamique mentale qui innerve
l'oeuvre filmique recomposée dans l'espace d'exposition met
les réalités de l'art en mouvement, brouille les codes
et les frontières ; elle suggère ainsi des possibilités
d'expression nouvelles, propose des interprétations du monde,
invente une réalité autre, sensible, multidirectionnelle,
ouverte à l'activité combinatoire du regardeur." (Pierre Coulibeuf).
Pierre Coulibeuf (né en 1949 à Elbeuf, en Normandie).
Cinéaste et plasticien, il réalise à partir
de 1987 des fictions expérimentales qui investissent savamment
le champ de l'art, et dans lesquelles les changements d'identité,
le dédoublement, la métamorphose affectent les univers
et les artistes qui inspirent ses oeuvres. Il a réalisé des
courts et des longs métrages, tournés en 16 et 35 mm,
d'après notamment les univers de Pierre Klossowski, Michelangelo
Pistoletto, Marina Abramovic, Michel Butor, Jean-Marc Bustamante,
Jan Fabre et Meg Stuart. On peut citer Klossowski-peintre exorciste
(1987-1988), L'Homme noir (1993-98), Balkan Baroque (1999), Lost
Paradise, Les Guerriers de la beauté (2002), ou encore Somewhere
in between (2004) et Amour Neutre (2005). Ses oeuvres ont été présentées
dans de nombreux festivals internationaux de cinéma, puis
sous forme de films-installations dans le réseau de l'art
contemporain. Certaines sont entrées dans de grandes collections
en France et à l'étranger.
Pierre Coulibeuf présente au Musée d'Art Moderne de
Saint-Etienne Métropole ses dernières productions au
sein d'une exposition-installation dans différents espaces
du musée, dont le titre concept est Dans le labyrinthe. L'artiste
décrit un monde fait de ''signes obscurs, de figures mouvantes, étranges
'', un monde devenu fable, qui offre au visiteur de multiples rencontres
imaginaires.
Les diverses réalités de l'art, photographie, cinéma,
littérature, musique, danse, sont présentes dans les
oeuvres exposées à différents endroits du musée,
notamment dans le Cabinet d'arts graphiques, avec Dédale (2009),
film-installation composé d'une série de photographies
et de quatre images en mouvement (commande de la Fondation Iberê Camargo, à Porto
Alegre au Brésil, Dédale y est exposée depuis
le 4 juin dernier. L'exposition a été labellisée "Année
de la France au Brésil").
Autres oeuvres exposées au Musée
d'Art Moderne de Saint-Etienne :
- Delectatio morosa (1988/2006), projection en boucle d'une image
emblématique de l'oeuvre de Pierre Coulibeuf, produite à partir
du film Klossowski-peintre exorciste ;
- Crossover (2009), fiction expérimentale conçue à partir
de l'univers de la chorégraphe islandaise Erna Omarsdottir
et avec le groupe musical international PONI ;
- Lost Paradise 2 (2002-2006), installation (projections, photographies)
d'après l'univers artistique du photographe-plasticien Jean-Marc
Bustamante ;
- Le Démon du passage (1995-2006), installation (projection
vidéo, affiches, photographies) conçue à partir
du film éponyme réalisé d'après l'univers
mental du photographe Jean-Luc Moulène ;
- Love Neutral (2005-2006), installation conçue à partir
du film Amour Neutre, inspiré des portraits de la photographe
Suzanne Lafont et des textes de l'écrivain Maurice Blanchot
;
- The Dark Side (2006), installation conçue à partir
du film Pavillon Noir et réalisé d'après des
chorégraphies spéciales d'Angelin Preljocaj.
L'exposition sera présentée à partir du 12
avril 2010 au Museu Colecçao Berardo de Lisbonne (Portugal).
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