Ce pourrait être des visages de spectateurs.
Des visages qui ne seraient plus que l’expression de ces spectateurs.
Rires, étonnement, trouble, indifférence, stupéfaction.
Chacun reconnaîtra le sien, se souviendra avoir été,
de spectacle en concert, d’exposition en projection, celui-ci
ou celui-là. Tous sans doute.
Non sans humour, parfois avec une monumentale gravité, ces curieux
masques de Ugo Rondinone nous accompagneront tout au long de cette
trente-huitième édition, totems que l’on espère
bienfaiteurs d’une société en quête de réenchantement.
Un lever de soleil donc – Sunrise East est le titre choisi par
l’artiste pour ce cycle des douze mois céphalophores installés
au Jardin des Tuileries.
Une fois encore, notre programme est largement américain. Une
Amérique à l’image de ses récents bouleversements, à l’image
de la presque révolution qu’a constituée l’élection
du nouveau Président, où Robert Wilson travaille avec
les comédiens du Berliner Ensemble pour L’Opéra
de quat’sous, où Young Jean Lee, d’origine coréenne,
travaille avec des acteurs noirs pour dénoncer le racisme ordinaire,
les comédiens de l’American Repertory Theatre de Boston
avec le metteur en scène français Arthur Nauzyciel, les
danseurs de Merce Cunningham avec Boris Charmatz, John Giorno avec
Jean-Jacques Lebel, le Wooster Group avec Vieux Carré (en français
dans le texte) de Tennessee Williams, Frederic Rzewski avec les musiciens
de l’Instant Donné, Gary Hill avec le plus franco-américain
des compositeurs, Edgard Varèse, Merce Cunningham, pour ses
quatre-vingt dix ans, avec la légende Merce Cunningham…
D’Est en Ouest donc. Et retour.
L’Europe toujours, au plus près de ses témoins.
Dans la Pologne de Jan Klata, où Danton reste une affaire qui
mérite d’être à nouveau jugée, où Transfer
! se souvient d’avoir vu les frontières bouger plus facilement
que des lignes de craie, quand la dictature des colonels projette encore
son ombre dans Je meurs comme un pays de Dimitris Dimitriadis.
Le réel et la question documentaire revendiquent intimement
leur place dans les pièces des chorégraphes Rachid Ouramdane,
Robin Orlyn ou Wen Hui.
Autant de visions d’un aujourd’hui abordé sous l’angle
de la mémoire et du témoignage, poétiques et politiques,
qui ouvrent et construisent un espace d’identité mondiale,
celui-là seul qui permet de poser les problèmes dans
leurs justes frontières, revendiquant ses singularités
pour mieux être universel.
Cette trente-huitième édition repose sur des affinités électives.
Cette année, le Festival renforce son engagement aux côtés
du Théâtre de la Ville, poursuit son compagnonnage avec
l’Opéra national de Paris et la Cité de la musique.
Il reste fidèle à ses partenaires historiques, l’Odéon-Théâtre
de l’Europe, le Centre Pompidou, La Colline-théâtre
national, les théâtres de la Bastille, Gennevilliers,
Nanterre-Amandiers, la Maison des Arts de Créteil et la Cité internationale.
Il s’ouvre à de nouvelles aventures avec l’Orchestre
Philharmonique de Radio France, Le CENTQUATRE, le musée du Louvre,
la FIAC, la Maison rouge et et la Fondation Cartier pour l'art contemporain.
Nos partenaires média, Radio France, Arte et le Monde se feront
l’écho des soixante trois propositions de l’édition
2009, réalisée avec le soutien constant du Ministère
de la Culture et de la Communication, de la Ville de Paris, de la Région Île-de-France
et de l’Adami.
Enfin nous remercions les Amis du Festival d’Automne à Paris
qui, année après année, nous apportent généreusement
leur aide.
Alain Crombecque, Directeur général
Pierre Richard, Président
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