Voici des peintures, souvent murales,
sur châssis,
voici des suspensions, des sculptures aussi, des artefacts de tous
acabits qui traitent de la peinture.
Brillants tels des miroirs, mats ou métallisés, lisses
ou granuleux, ils sont faits de plissés, plis ou dégoulinures.
Capitonnés, amidonnés dirait-on parfois, on les devine
sur bois, tissus, polystyrène, plastique, recouverts de paillettes,
de strass et de vernis à l’infini. Ils sont encore faits
de billes, de perles, cubes, tiges et composés de rectangles,
de ronds ou de carrés. On les trouve parfois légèrement
sphériques, volontairement météoriques, empilements
ludiques, délibérément citationnels, délicieusement
mousseux, volcaniques pop ou glams de l’aube.
Les tableaux, les sculptures évoquent des souvenirs d’autres
tableaux, d’autres sculptures. C’est tout un catalogue
d’œuvres qui ressemblent à des objets, des ornements
qui font office d’œuvres.
Emmanuelle Villard signe ici, pour sa première exposition
personnelle à la VF Galerie, un nouvel opus de son Œuvre
composé de séries inédites, le titre évocateur
de l’exposition, Medley, renvoie à une possible compilation
revisitée de l’art, un mélange sans hiérarchie
qui va du baroque au constructivisme, mêlant l’ornemental
au cubisme et au minimalisme. L’ensemble des pièces
présentées est réparti selon un lexique bien
précis de titres génériques, telles les Playtime,
des artefacts colorés offrandes au dieu de l’art ?,
les Rocco entre tondo baroque et couronne mortuaire ou encore les
Medley flirtant sans vergogne et en même temps avec le pop
art et l’abstraction géométrique. Les séries
apparaissent relever parfois du jeu d’enfant tant elles sont
le résultat d’une pratique du collage de formes et de
l’empilement de signes. Elles ont quelque chose à voir
avec cette grande spontanéité parfois irrespectueuse
que possède la jeunesse de se saisir de certains codes, de
les transformer à leur image, les libérant du coup
d’un certain dogmatisme. Emmanuelle Villard propose une relecture
décomplexée du modernisme et des grands mouvements
de notre histoire éloignée de toute pensée nostalgique
et qui vient nourrir le répertoire toujours plus élargi
de son expérimentation de la peinture matière.
Emmanuelle Villard est né en 1970, elle vit et travaille
depuis plusieurs années à Bruxelles. Issue de l’école
nationale supérieure de la Villa Arson, elle a participé récemment à l’exposition « Nice
to meet you » au Mamac de Nice. Présentée notamment
par Eric de Chassey lors de « La Force de l’Art »,
ou encore lors d’expositions comme « Minimal Pop » à Amsterdam
et « mais que font-ils de l’héritage ? » à Bourges,
l’œuvre d’Emmanuelle Villard est présente
dans de nombreuses collections publiques et privées.
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