Claude Lévêque est né en 1953 à Nevers
(Nièvre). C’est dans cette ville qu’il a grandi,
au cœur d’une citée ouvrière bordée
de terrains vagues, près des voies de chemin de fer. Plus
intéressé par la musique que par l’art, il va
tout de même poursuivre des études à l’École
des Beaux-Arts de Bourges. Il s’installe ensuite à Paris
où il intègre les milieux punk et new wave qui auront
une forte influence sur son travail plastique. Il réalise
alors des aménagements de vitrines de magasins. Au milieu
des années 80, il présente ses premières installations
qui seront très rapidement remarquées.
Dès cette époque, Claude Lévêque inscrit
son travail en résonance avec le réel qui l’entoure
pour mieux construire des interactions entre son propre vécu
et le monde qui l’entoure, ses œuvres et le public. "L’expérimentation
n’existe qu’en relation avec des milieux, des publics,
pour trouver une communication possible. Je trouve le monde effrayant
de violences, sociales, économiques, sans parler de l’hystérie
de la guerre." Il interroge ainsi sans cesse la société actuelle,
en mettant devant nous une autre réalité, sa réalité d’artiste.
Mais cette réalité n’est-elle pas notre réalité à tous,
celle de notre vie ordinaire comme celle de nos rêves et de nos
espoirs ? "Il faut absolument reconstruire un langage. J’ai
compris à un moment de mon adolescence où j’étais
complètement paumé, que je me battrai pour ça."
Mais si Claude Lévêque affirme qu’il "faut
mettre l’art là où il est indispensable, c’est-à-dire
partout", il installe plus particulièrement le sien dans
des espaces où la rencontre peut paraître la plus improbable
mais où elle lui semble la plus déterminante : cité HLM à cour
et à jardin, ancienne fonderie ou piscine abandonnées,
usine sidérurgique… Des lieux en "désaffectation" qu’il
(re)charge d’émotions, des espaces à (re)vivre.
Aussi aime-t-il les « explorations nouvelles, les obstacles à dépasser".
Pour l’ancien magasin de la TCAR qui abrite aujourd’hui
le Frac Haute-Normandie, Claude Lévêque concevra une
installation spécifique et inédite en regard avec l’architecture
industrielle du bâtiment Trafic comme la réurbanisation
actuelle du quartier du Jardin des Plantes. Le vernissage de son
exposition coïncidera avec le 10e anniversaire de l’installation
du Frac Haute-Normandie dans ce lieu
|