Les interventions de ce duo d’artistes ont
peu à voir avec la
représentation. Ils tentent au contraire d’occuper le réel,
et
de s’y accrocher de mille manières inattendues. Par le
déplacement d’objets (Logos, installation de composants
industriels prêtés par leurs fabricants dans la ville de Saint
Nazaire, 1999 ) de personnes ou de contextes (Building
Underwood, construction d’une situation de micro-urbanisme en
forêt, Caudiès de Fenouillède, 2001). Chacune de leurs
interventions obéit à un scénario rigoureux, tourné et
projeté à la surface du réel.
Le projet qui sera présenté à la Chapelle du Genêteil
est une
installation en deux temps simultanés, en deux espaces
coïncidents, un sas d’entrée introduisant le visiteur dans
l’univers et l’ambiance d’une projection en boucle qui est
un
film d’animation à la manière des mangas : « Manga
souvent
traduit littéralement par « image dérisoire », est
composé de
ga, dessin, gravure, et man , involontaire,
divertissant, sans but, mais aussi : au fil de l’idée.
Nous pourrions aussi bien le traduire par « esquisse libre »,« esquisse rapide » ou « image malhabile ». Ce film, È tutto
oro est l’histoire courte d’une apparition fantasmatique,
d’une révélation mêlant images du quotidien et iconographie
religieuse, d’une transfiguration dont le récit aurait subi
l’influence de la publicité. Et s’il faut en croire René Laurentin
: « … la Vierge de l’Incarnation penchée sur
la
crèche, la Vierge de Cana et la Vierge des apparitions, c’est
la même, comme disait si bien sainte Catherine Labouré. Elle
continue d’intercéder pour nous auprès du Christ en disant
:« Ils n’ont plus de vin. Ils ont tari leurs ressources et la
joie pour laquelle ils sont faits. » (René Laurentin, in
Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd’hui,
Fayard, Paris, 1988.)
— Joël Benzakin —
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