Né à Fontenay-sous-bois
en 1939.
Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts
de Bourges (1956-60),
il perturbe l’acte classique ou traditionnel de la peinture.
Libre de
tout châssis, la toile, posée au sol, est imprimée à l’aide
de ce que
JACCARD nomme des « outils » : objets naturels (plantes
et insectes),
papier, ruban, puis à partir de 1971, cordes, ficelles, noeuds… Ces
outils remplacent le pinceau pour produire des traces sur la toile.
Vers 1973, il brûle ces outils contre la toile, qui porte ainsi
la trace
de leur combustion.
De 1979 à 1981, une nouvelle série : Les anonymes calcinés,
soumet la chaleur destructrice des toiles anonymes du XVIIe,
XXVIIIe,
XIXe et XXe siècles – portraits, scènes religieuses,
puis des calicots
publicitaires de cinéma. La combustion attaque certaines parties
de
l’image pour en laisser d’autres plus visibles.
La démarche de l’artiste se fonde sur une philosophie
proche de
l’ésotérisme. A la pratique de la combustion,
il associe un « matériel» d’ordre rituel, primitif. La création
par et dans le feu devient le passage
obligé d’une transmutation de la matière dont
le résultat est
imprévisible et engendre une représentation plus ou
moins abstraite.
A travers son action expérimentale, l’oeuvre
de JACCARD participe à la redéfinition du cadre structurel
du tableau, ce qui,
dans les années 70, le rapproche des préoccupations
du groupe
Supports-Surfaces.
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C'est au tout début des années Soixante dix que j’avais
rencontré les oeuvres de Christian JACCARD. Déjà l’artiste,
dont le travail
se développait dans une préoccupation proche de ceux
de
Supports/surfaces, révélait un caractère bien
trempé, frondeur
peut-être, individualiste sans-doute et restait à l’écart
des aventures
collectives.
Cette déclinaison d’une recherche sur les nœuds
marquait ainsi le
départ d’une œuvre dont il s’est appliqué à préserver
le caractère
inclassable. Voir par la suite Christian JACCARD travailler avec
le feu me semble vraiment conforme à cet homme au profil
incandescent.
Déjà en 1970 Christian JACCARD manifestait ses volontés
incendiaires avec ses premières expériences de combustion
(écobuage. Viendront les toiles calcinées, les Trophées,
les Anonymes calcinés, les litho-brûlages, les brûlis.
Son « chemin de Cendres » en 1984 rejoint le land-art,
brouillant
encore une fois les pistes pour échapper à tout enfermement
dans
une recherche identifiée.
Pierre RESTANY, visitant son atelier, établissait une relation
entre
Christian JACCARD et Yves KLEIN : «
Quand j’ai compris que la suie est à la cendre ce que
le vide est au
bleu, j’ai réalisé que je n’avais pas éprouvé de
choc émotionnel aussi
fort devant la sublime vérité de l’apparence
depuis le 14 janvier 1961
au contact des sculptures de jeu d’Yves KLEIN à Krefeld. ».
Il faut se faire une raison. Christian JACCARD n’a pas fini
de jouer
avec le feu, n’a pas fini de surprendre notre attention et
de consacrer
son caractère Tout feu tout flamme.
Claude Guibert
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EXPOSITIONS PERSONNELLES RÉCENTES :
2008
- Lithocombustions et papiers choisis, invité d'honneur de
la 17ème édition de L'art dans les Chapelles, Galerie
Pierre Tal-Coat,
56700 Hennebont ; Exposition du 27 juin au 14 septembre
- 17ème édition de L'art dans les Chapelles, Pays de
Pontivy - Morbihan -
Bretagne ; Chapelle de La Trinité, Castennec, Bieuzy-les-Eaux,
En partenariat avec la Galerie Pierre Tal-Coat d’Hennebont
;
Exposition du 5 juillet au 14 septembre
- Combustions, Galerie de l’Ancien Collège, 86100 Châtellerault
;
Exposition du 21 juin au 31 juillet
- Correspondances, Musée d’Orsay, Breitner / Christian
Jaccard,
lire un article sur l'exposition
2003
- Le Maître des ombres, FRAC Auvergne, espace Boris Vian, Montluçon
- 20 ans, FRAC Basse-Normandie, Caen
- La réponse est dans le ciel, station de métro Saint-Germain-des-Prés,
Paris
2002
- Eclipse, œuvres sur papier, Aldébaran, Baillargues
- Autour de supports/surfaces, dessins et objets, collection du musée
d’Art moderne, Saint-Etienne ; musée de Valence, Valence
- Questions de peinture, Centre international d’Art contemporain,
Carros
- The 12th Space International Print Biennal, Sungkok Art Museum,
Séoul
1992-2002, 10 ans d’art, galerie municipale Julio Gonzalez,
Arcueil
- Les années 70, l’art en cause,CAPC, Bordeaux
2001
- Grands papiers du FRAC Picardie, abbaye Saint-Jean des Vignes,
Soissons
2000
- La Couleur à l’épreuve du feu, céramiques
d’artistes de 1885 à 2000,
musée de la faïence, Marseille
- Mémoires provisoires, FRAC Auvergne, Vichy
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