Première exposition à Paris de David
Lefebvre, peintre « basse def ». [1] Les sujets sont
indifférents – une sortie en boîte, une scène
de livraison, un top model, un bâtiment préfabriqué,
un lac de montagne, un poulet dans l’herbe – et leur
provenance médiocre : photos découpées dans
des magazines ou prises par téléphone portable, vidéos
déposées sur Youtube, messagerie MMS. Insignifiantes
en elles-mêmes, le retraitement pictural de ces images en « tableaux » modifie
cependant leur statut quand bien même cette œuvre d’art
- là ne prétend rien montrer qui la justifie comme
telle. Bien au contraire, comme elle paraît coller au plus
près de la banalité, le premier effet visible, est
un effet « brut » : David Lefebvre peint vite, il accepte
la maladresse de certaines coulures, laissant intact des parties
de toile vierge. Il ne cherche pas à « bien faire » – même
s’il s’agit à l’occasion de maîtrise
technique – car rien de ce qui est montré ne mérite
une réelle sublimation. La peinture basse définition
de David Lefebvre dont la spontanéité est néanmoins
exempte de la moindre naïveté, fait preuve d’une
sincérité qui nous touche. Elle apparaît comme « le
résultat d’un goût ambigu pour les choses, et
comme les blogs hébergés sur MySpace, elle s’appuie
sur un simple appétit de gestes.
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