Né en 1968 à Grasse. Vit et travaille à Nice.Diplomé de
la Villa Arson, Nice.Co-fondateur de la Station à Nice.
Représenté à l’étranger
par les galeries Ulrich Mueller (Cologne, Allemagne) ; C.Art (Bregenz
/ Dornbirn,
Autriche).
Dans sa pratique de la peinture,
Cédric Teisseire
met en place des protocoles d’élaboration simples et
systématiques qui manifestent une intelligence de l’abstraction
tout en visant à poser une distance entre l’œuvre
et son auteur.
Les modalités de recouvrement du tableau, - coulure à la
seringue ou peinture versée directement du pot sur la surface
- sont mécaniques. La coulure à la seringue, sorte
de soin prodigué à une peinture dont on a tant dit
la mort, ou l’excès de laque qui sèche à la
manière d’une vieille peau, sont des gestes délégués
en partie au sort. En laissant le processus s’opérer
seul, l’artiste se débarrasse de la subjectivité et
affirme le refroidissement de la peinture. De cet écart avec
le faire naissent curieusement de somptueuses icônes contemporaines
qui relisent l’art abstrait et minimal avec la plus grande élégance
et retrouvent une forme d’aura.
Texte de Catherine Macchi, 2006
Partant de la surface même du tableau, c’est en se soumettant
aux lois physiques de la pesanteur, et non plus à celles mathématiques
de la géométrie, que sa peinture a quitté le
monde illusionniste des images, pour glisser littéralement
dans le monde réel. Peinte le plus souvent sur de la toile
cirée tendue sur châssis, la série des alias
est ainsi le résultat de coulures verticales de peinture que
le support imperméable du tableau rejette, refusant de l’absorber
là où le peintre l’a primitivement appliquée.
La peinture dégouline donc, soumise à sa propre matérialité, à sa
pesanteur, sa viscosité, traçant une ligne dans le
plan mais aussi dans le temps, celui d’une lente migration
qui dessine l’espace d’un instant.
Jérôme Poggi, extrait de Par delà le
miroir, 2008
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