Pour le projet « D'où viens-tu Johnny
? », Maurin et La Spesa souhaitent articuler une exposition-événement
dans la « convocation » d'oeuvres ayant construit ou
alimenté leur imaginaire et leur jubilation d'artistes. Réunir
ces oeuvres sur leur territoire, mieux, les inscrire sur un territoire
que leurs premiers déplacements d'enfance ont traversé,
comme tous les citadins nîmois ou montpelliérains pour
aller à la plage... Le voyage primal (comme le cri) : une
portion de terre humide (Wetland) a gardé ses mystères
et ne demande qu'à être arpentée de nouveau,
avec un aspect d'expédition sur le lieu de tous les possibles.
Il faut dire que les choix de Maurin et La Spesa, poussés
seulement par le désir de faire partager les sommets qui les
ont élevés et de visiter des lieux réputés
pour leur altitude, se sont portés sur des artistes renommés,
soutenus par des galeries de la capitale et d'ailleurs, et (ou) ayant
l'honneur de faire partie des collections de Musées de France.
Tout un programme donc (1).
Lors de la restitution de l'Aventure, Maurin et La
Spesa présenteront
sur le terrain environnant apparemment dénué d'exotisme
pour les indigènes que nous sommes censés être,
comme l'évènement d'une balade dans l'essence des oeuvres
et dans les états d'esprit artistiques choisis, présences
convoquées, évoquées, invoquées, annexées,
adaptées, détournées, etc, balade constituée
de cet assemblage intuitif et quasi amoureux, sur fond de modestie
géographique et de jubilation renouvelée car documentée.
Le programme de la journée débutera à 15h00
avec une promenade en bateau sur le St Louis à Aigues-Mortes,
avant la visite de l'exposition à la galerie ESCA à Milhaud
de ce récit-fiction expéditionnaire.
Et comme le safari doit au final régaler et abreuver ses
participants, l'aventure prendra fin comme dans les albums d'Astérix, à l'Ancienne
cave coopérative de Congénies, sous une tonnelle avec
paella et vin des Costières, images et musiques, et l'on dansera
sous les lampions !
Les oeuvres (et artistes) convoqués : Jean Le Gac, Le Peintre à cheval,
1999 ; Le Gentil Garçon, All the Love, 2006 ; Wim Delvoye,
Anal Kiss, 2000 ; Elmgreen et Dragset, Don't leave me this way, 2003
; Arnaud Labelle-Rojoux, Elm et Berger, 2002 ; Maurizio Cattelan,
I turisti et Sans titre (l'autruche naturalisée), 1997; Paola
Pivi, Sans titre (Donkey), 2003 ; Laurent Tixador et Abraham Poincheval,
L'Inconnu des grands horizons, 2002 ; Werner Reiterer, Laughing gas,
2004 ; Stéphane Bérard, Costumes pour pouvoir sortir
en pantoufles, 2002 ; Joachim Mogarra, Grand hôtel de Tombouctou,
1983-85 (Images du monde) ; Roman Signer, Porträtgalerie, 1992
; Mounir Fatmi, Homme sans cheval, 2002 ; Saverio Lucariello, Série
Archéologue, 2002-2003...
Et bien sûr, le monument qui donne son titre à l'expédition
: D'où viens-tu Johnny ?, un film de Noël Howard, 1963
avec Johnny Hallyday.
(1) Sur les lignes de fuite, il ne
peut plus y avoir qu'un chose : l'expérimentation-vie. Il n'y a plus de fantasme,
seulement des programmes de vie, toujours modifiés à mesure
qu'ils se font, trahis à mesure qu'ils se creusent, comme
des rives qui défilent ou des canaux qui se distribuent pour
que coule un FLUX. Il n'y a plus que des explorations où l'on
trouve toujours à l'ouest ce que l'on pensait être à l'est
(...) Recherchez le processus d'expérimentation (...) Gilles
Deleuze |