g-module a le plaisir d’annoncer la seconde
exposition de l’artiste new-yorkais Ken Weaver. Ses récents
dessins, intitulés Tableaux Vivants marquent une entrée
théâtrale teintée de splendeur et d’équilibre.
Les travaux demeurent aussi délicieusement audacieux que ses
rednecks dans Hillbilly Hardcore : Profonde Amérique, (g-module,
2002) ou encore, que son exposition orgiaque Royally Fucked ! (Schroeder
Romero Gallery, 2006). Les Tableaux Vivants, puissamment érotiques
et intensément baroques, nous livrent une envie de ressentir
et d’expérimenter le miraculeux.
Inspiré tant par l’art et l’architecture du Haut
Baroque que par les décors de l’Opéra Classique,
Weaver combine intérieurs et extérieurs pour former
une seule et même composition en vue de créer ce qu’il
nomme des « ultérieurs ». Dans l’un des
diptyques, il insère une représentation de la complexe
Tour Eiffel en construction au sein d’un intérieur baroque.
En réinvestissant l’iconographie familière, Weaver
force le divin à embrasser l’infernal. Avec un contenu
extravagant, il dédouble les images afin de donner à l’ornement
et à la structure un souffle quasi religieux.
Les Tableaux Vivants de Weaver abordent les thèmes actuels
et universels du chaos, de la paranoïa et de la peur. Les dessins
ont pour référence le film de Chris Marker, La jetée,
dans lequel les expérimentations du voyage à travers
le temps ont pour mission d’ « appeler le passé et
l’avenir au secours du présent ». Un de ses récents
personnages, un ange vengeur, messager de la délivrance, incarne
la passion et la merveille de la Victoire de Samothrace et des Ailes
du Désir de Wim Wenders. Weaver accompagne cette composition
opératique d’une bande sonore faite de samples (Europera
de John Cage, Joan of Arc de Tony Conrad, etc.) dont on pourra faire
l’expérience dans l’installation. Ses images forgent
un univers alternatif dans lequel chacun peut partir à la
recherche de trésors cachés, enfouis dans la complexité du
dessin. De manière intimidante et élégante,
les objets deviennent personnages, poussant ainsi le chaos à prendre
une tournure intensément gracieuse.
Les travaux de Ken Weaver ont été présentés
dans le cadre d’expositions individuelles et collectives aux
Etats-Unis et en Europe. Figurent, parmi ses récentes expositions:
New History (2007) à la Bertha and Karl Leubssorf Gallery
au Hunter College de New York, Supersonic Satan (2005) à la
Galerie Exprmntl de Toulouse, Me Myself and I (2004) au Schmidt Art
Center à la FAU University de Boca Raton. Il vit et travaille à Brooklyn
depuis 1986.
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