En collaboration avec la Mairie de Toulouse
A l’occasion des matchs de la Coupe du monde de Rugby 2007
se déroulant à Toulouse, les Abattoirs organisent en
partenariat avec la Mairie l’exposition Rugby qui, à partir
d’un sujet circonscrit, propose une iconographie ouverte.
Edouard Levé (Paris, 1965)
Edouard Levé présente 15 photographies dans lesquelles
des modèles anonymes, portant des vêtements quotidiens,
rejouent des scènes inspirées de photographies trouvées
dans la presse spécialisée. Il n'y a pas d'intention
réaliste : la prise de vue a lieu en studio, dans un décor
réduit à un fond monochrome. Ce travail de neutralisation
produit une épure qui révèle, en le détournant,
le caractère stéréotypé des images modèles.
Bien que le référent soit reconnaissable, des analogies
avec d'autres registres apparaissent : scènes de violence
urbaine, peinture religieuse, danse contemporaine statufiée...
André Lhote (Bordeaux 1885 - Paris 1962)
"Rugby", 1917
Huile sur toile - 127,5 x 132,5 cm. Don de l'artiste en 1950
Centre Pompidou, Musée national d'art moderne-Centre de création
industrielle
Tout comme Robert Delaunay dont les trois versions
de sa fameuse Equipe de Cardiff (1912-1913) sont trop fragiles
pour être
déplacées, Lhote est fasciné par le spectacle
grouillant et multicolore des matchs de rugby qui évoquent
pour lui "les combats médiévaux" : ”Il
est passionnant de fixer un spectacle mouvant en l'arrêtant
dans sa phase solennelle, dans cette seconde où, comme le
balancier à la fin de sa course, tout semble immobilisé avant
de se défaire en éclairs plus ou moins rapides. Pour
maintenir à cette représentation son caractère
mural, il est bon de faire abstraction du dessin analytique, de la
profondeur et de l'épaisseur des corps (ainsi ne fait-on que
suivre Fra Angelico, chantre de la couleur pure et du dessin géométrisé).
On peut laisser à la couleur, par ses localisations (triangle
bleu du ciel, carrés rouges et jaunes des costumes, trapèze
vert de la prairie), le soin de composer le tableau. Un minimum d'ornements
expressifs identifiera les éléments de la composition.
Ainsi, la sévérité des temps incitait les artistes à ne
se préoccuper que de l'essentiel et à accumuler des
expériences susceptibles de féconder de futures représentations
directement prises dans la vie et pouvant supporter, sans en être
plastiquement diminuées, des détails familiers et des
modulations intérieures.”
Relevant d'un cubisme élargi et synthétique, rigueur
et discipline dominent la construction - une articulation visible
de plans quadrangulaires suivant les diagonales du carré -
allégées par l'usage de couleurs vives. Cette rigueur
schématique traduit l'essentiel et confère à la
toile une monumentalité nouvelle, non sans rapport avec la
puissance et la dynamique du jeu, dans l'allégresse du mouvement
et de la couleur.
Franck Scurti (Lyon, 1965)
"Couleurs", 2000
Installation vidéo sur 3 écrans,, Master Betacam, 6',
dimensions variables.
Collection de l'artiste
Franck Scurti utilise des extraits de la retransmission
télévisée
d'un match Irlande-France à Lansdowne Road. La pluie dilue
les couleurs des logos peints sur le gazon du stade et imprègne
corps et maillots des joueurs transformant le match en un véritable
happening coloré. L'artiste joue une magistrale partie liant
transmission de l'information et création picturale.
Muriel Astié (Toulouse, 1954),
"Papiers Tableaux", 2007
Technique mixte/Papier fait main
"Je ne peux expliquer mon travail de papier que par rapport à la
lecture d'un écrit. Cette lecture déclenche le papier
parce que celle-ci est contemporaine de l'écrit. Adhésion.
Le papier me permet la rencontre avec une certaine "mémoire" de
la matière à qui je demande toutes ses limites.
Je maltraite le papier comme nos joueurs magnifiques
s'engagent, jusqu'à la déchirure.
En tant qu'artiste-plasticienne de l'écriture et du papier,
travailler sur l'écrit de Frédéric Michalak
et d'Omar Hasan est un mélange d'immense respect que je porte à ces
deux joueurs pour leur beauté et leur talent.
Peindre l'écorchure de l'un, parole enfouie, balbutiée,
devinée et écouter celle du sculptural numéro
3.
Sculptural jusque dans sa voix, écrits rigoureux,
cris solaires argentins.
Ils ont écrit des mots d'avant match, des mots qui leurs tenaient à cœur
et mon papier s'est glissé dans cet univers intime, papier
plein de traces et d'histoires.
Œuvres silencieuses qui nous hissent vers le haut."
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