Jusqu’où la
perception informe-t-elle la conscience ? à l’inverse, à quel
moment la connaissance corrige-t-elle la perception ? Le Frac Champagne-Ardenne
présente du 14 septembre au 18 novembre une exposition dont
le commissariat a été confié à la critique
d’art italienne Alessandra Pace.
What You See
Is What You Guess / WYSIWYG fait écho à l’acronyme
de la locution anglaise What You See Is What You Get, signifiant
littéralement en français “ce que vous voyez
est ce que vous obtenez”. Nous interprétons effectivement
les apparences d’après leurs relations causales et sommes
amenés à faire des prédictions raisonnables
et rapides sur le devenir de certaines actions. L'attente des effets
et des conséquences comble les intervalles de la perception,
de sorte que nous prenons pour réalité des objets ou événements
créés de toute pièce dans notre esprit, avant
même qu'ils ne prennent formes véritables.
Mais l'art est retors. Il exploite notre crédulité, nous promène
et démonte les logiques de pensée des similitudes. L'exposition
What You See is What you Guess / WYSIWYG est l'occasion de découvrir des
artistes très peu vus en France dont l'attention aux recherches scientifiques
croise un questionnement sur la représentation et la perception. Cette
exposition invite le visiteur à entrer non seulement dans la conscience
de l’œuvre mais aussi dans sa machinerie, en franchissant les obstacles
de la perception, dont le plus grand est l’a priori.
Ainsi, Arcangelo
Sassolino propose une araignée/crabe métallique
(Untitled, 2006) dont les mouvements et soubresauts sont à la
limite du vivant et du mécanique. Ceal Floyer (Nail, 2003)et
Christian Andersson (F for Fake, 2002) mettent en jeu les subterfuges
liés à la projection lumineuse. à la manière
de l’atelier d’un alchimiste, l’imbrication de
formes est matérialisée de façon poétique
par Attila Csörgö dans sa sculpture Three Solids, 1993
; tout comme Julius Popp joue avec des formes à l’aide
de matériaux non-solides, à l’aide d’un
dispositif technologique prenant conscience de son propore corps
(bit.flow, 2004-2006). Christoph Keller (Rundum Alexanderplatz, 1996)
et Steven Pippin (Event Horizon, 2007) créent quant à eux
des œuvres où la perception est troublée par les
anamorphoses photographiques.
Exposition réalisée
avec le soutien du British Council
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