Les sculptures, installations et
films de cette artiste australienne sont des représentations
environnementales et architecturales qui se font écho dans une
idée d’abandon et de fusion
aves les éléments atmosphériques et naturels qui évoquent à travers
leur système, celui de
l’être humain souvent absent, ou envahi par son environnement.
En reproduisant ces phénomènes,
l’artiste attire notre attention sur ces événements
qui passent souvent inaperçus
en tant que tels mais qui sont seulement remarqués et ressentis
pour leurs répercussions. Ici,
c’est le potentiel conceptuel et poétique de notre environnement
qui est rendu visible.
Dans landslide, Mel O’Callaghan présentera une installation
reproduisant un phénomène naturel
dans sa temporalité cyclique et spatiale. Une turbulence atmosphérique
envahit l’espace
de la galerie. Bien qu’étant un élement invisible
et immatériel, celle-ci rend opaque l’espace
en le remplissant, créant ainsi un sentiment de perdition, résultat
de l’inconnu que suscite
cet élément. Même s’il s’agit d’une
matière intangible, celle-ci prend une densité sculpturale
et crée une nouvelle dimension dans l’espace. Mel O’Callaghan
joue de la fragilité de cette
matière et de la puissance de ses effets alors que c’est
justement de la non matière, incolore
et quasi invisible, mais aussi impalpable et illimitée dans
sa forme. Cette sculpture mouvante
est indéterminée aussi dans sa temporalité et
croît à travers un processus d’expansion dans
l’espace et des mouvements réguliers et irréguliers
contenus dans le potentiel de la matière
même.
Une autre installation reprend le principe visuel des tentes des populations
nomades. Cet
habitat temporaire, mobile et modulable, présente pourtant une
analogie formelle avec
les lignes des hauteurs montagneuses dont il reprend les volumes et
les contours. Mel
O’Callaghan joue du potentiel des toiles tendues en créant
ainsi des variations formelles
et un état de stabilité inconstante qui met en attente
une idée de rupture. Les propriétés
de la matière sont exploitées et poussées à leurs
limites dans un jeu entre le mouvant et
l’immuable.
La caméra de son dernier film suit d’immenses étendues
de paysages de sable et d’eau
où l’on aperçoit un personnage, qui semble perdu
dans cet espace incommensurable.
Sans narration, mais plutôt sur le mode de l’aléatoire,
ses mouvements se perdent dans
l’environnement illimité dans lequel il se trouve mais
qu’il ne peut atteindre malgré tout.
Cette nature ingrate, bien que paisible, est finalement imprégnée
de la condition humaine
qu’elle englobe et module continuellement.
Chez Mel O’Callaghan, un lent processus de changement, étendu
dans le temps et l’espace,
se manifeste comme un révélateur de la substance matérielle,
montrant l’instabilité de la
forme mais qui révèle également une constance
cyclique dans le passage d’un état à un
autre. L’élément humain est presque absent, bien
que présent métaphoriquement à travers
les systèmes internes à ces oeuvres cinétiques.
Amené à observer ces phénomènes au sein
de
l’espace d’exposition, le spectateur les ressent sans pour
autant en subir les conséquences
résultant de l’intéraction entre une force naturelle
et la volonté humaine de maîtrise de
celle-ci. Par ailleurs, malgré la monumentalité de ces
oeuvres, une certaine intimité se met en
place entre le spectateur et l’oeuvre qui reprend le schéma
de la condition humaine, instable,
et en transition permantente.
L’artiste participera en septembre 2007 à l’exposition
Printemps de Septembre à travers une
nouvelle installation sculpturale. Elle vit et travaille à Paris.
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