Pompes à Phynances
Ç
a coule, ça coule. Mais quoi donc ? La pompe à essence,
la pompe à Phynances , la pompe à Merdre du Père
Ubush . Elle mondialise le monde, se répand partout. Investit
les âmes, envahit les corps. Décervelle à tout
va. Vidange les coeurs. Et là-bas la pensée brûle
dans un coin comme un vieux pneu oublié sur un terrain vague.
Ne reste que des logos rutilants, des sigles qui brillent sous le
soleil avec leurs chimères ruisselantes et leurs bestiaires
pétrolifères (B.P., F.M.I., ONU, HSD...). En douce
les milliard se pavanent, rockan'rollent de continent en continent,
d'îles boréales en îles astrales, bondissent,
gonflent les marchés, se déversent en montagnes dans
des paradis d’infamies, disparaissent dans la nuit.
Pissotières de dollars, fontaines de pétrole qui éclaboussent,
giclent sur les murailles de Chine. Les pompes à essence, à Phynances
et à Merdre opèrent le décervelage absolu. La
globalisation phynancière déclenche l'apocalypse encéphalique.
La machine de guerre bushienne s'en va-t-en guerre, part en croisade,
fabrique de la prière. La machine à prière génère
la guerre. Deux machines branlantes, connectées l'une à l’autre.
Champs de morts et chants de prières. Lance-roquettes et lance-prières.
Tapis de bombes. Amen !
Père Ubush : mélange d'esprit sénile acariâtre
et d'avidité juvénile sacrificateur et purificateur,
imbibé de l'autoritarisme gesticulateur du néogâteux
en chef. Le sexe le rend impassible, seule la fontaine à pétrole
l'excite et le rend fou.
Il danse, il danse le néogâtisme gélatineux sur
la piste du monde : force agissante, dévorante, jamais rassasiée,
zapping de vieillard hystérique, élan vital de la pompe à essence, à Phynances
et à Merdre, stade suprême de la mondialisation glorieuse
et triomphante.
Daniel Accursi, Paris juillet 2007
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