Dix ans après sa première exposition à la
galerie, David Mach revient prendre possession des lieux du 21 septembre
au 17 novembre 2007 pour nous présenter ses toutes dernières
créations autour du thème de l’Iconography. Pour
cette quatrième exposition personnelle à la galerie,
David Mach s’empare à nouveau de ces objets du quotidien
que nous croisons chaque jour mais que nous ne voyons plus. En libérant
de ces éléments une force créatrice et esthétique
insoupçonnée, il parvient une fois encore à nous étonner
et à nous enchanter. Dans la lignée de ces maîtres
du XXème siècle tels Schwitters ou Duchamp qui ont
transfiguré le quotidien en œuvre d’art, David
Mach métamorphose l’ordinaire en extraordinaire.
Comme à son habitude dans ses titres, l’artiste joue
ici avec les mots pour nous présenter son « iconographie »,
son panorama personnel de nos icônes contemporaines. Avec ses
personnages en allumettes, c’est un monde chamarré de
couleurs qui s’ouvre à nous et qui enflamme notre imagination
en redonnant vie à des figures aussi fortes que Bouddha, Marilyn
Monroe, Barbie, Mao, Mohammed Ali... Ainsi, ces personnages, connus
de tous, admirés et même parfois vénérés
au point de vouloir être possédés, s’offrent
aujourd’hui à nous tels des trophées. Mais l’artiste
va désormais plus loin avec les têtes en grand format,
en élaborant de véritables sculptures en quatre dimensions
; sa maîtrise technique lui permet d’assembler et de
coller des allumettes jusqu’à composer la tête
complète, sans s’arrêter au simple masque.
Les nouvelles œuvres en cintres nous dévoilent d’autres
figures du Panthéon personnel de David Mach, créées
dans des proportions proches de la réalité : une Sitting
Woman, femme assise sur le sol dans une posture iconique classique,
comme on en voyait beaucoup sur certaines affiches des années
1970, et un Gorilla qui marche sur ses 4 membres, dont la stature évoque
immanquablement l’illustre King Kong.
Comme celles en allumettes, les œuvres en cintres ne sont pas
non plus exemptes de paradoxe. A partir de cet objet sans chaleur,
David Mach parvient à recréer la sensualité d’un
corps ; la prouesse de l’artiste est aussi de tirer du simple
cintre en métal, cet objet industriel pauvre et purement utilitaire,
une sculpture dont la monumentalité s’impose au spectateur,
une figure qui semble flotter au centre de sa propre aura, celle
créée artificiellement par les crochets des cintres
soigneusement disposés à intervalles réguliers
Troisième aspect de ses créations récentes,
les nouveaux collages de David Mach, qui sont à l’origine
même de cette exposition. Tels XYZ représentant Zinedine
Zidane et Laughing Buddha exposés lors de la FIAC 2006, ces
nouvelles œuvres illustrent plus que jamais le sens de la démesure
et la virtuosité technique de l’artiste dans ses assemblages.
David Mach transpose ici la minutie de son travail sculptural dans
un matériau unique, une seule et même carte postale
utilisée en centaines d’exemplaires qu’il juxtapose
de manière étonnante et spectaculaire pour composer
de grands portraits (environ 2 x 2m).
C’est en travaillant depuis un an et demi sur ce nouveau type
de collages que David Mach a donné naissance à cette
Iconographie. En effet, son matériau de prédilection
est ici fourni par les nombreuses cartes postales à l’effigie
des membres de la famille royale anglaise, ces icônes immuables
de l’identité britannique, dont de nombreux touristes étrangers
sont eux aussi friands. D’une iconographie aussi lourde que
celle-ci, aussi historique, jaillit tout à coup une nouvelle
iconographie, contemporaine, colorée et d’apparence
ludique, mais tout aussi chargée d’histoire…
Aux côtés de ces portraits étonnants, pour célébrer
Paris, une icône elle aussi, David Mach nous livre l’un
des plus spectaculaires collages qu’il ait réalisé auparavant,
cette fois par juxtaposition d’images très diverses
et variées, issues de magazines, de photos personnelles…In
Seine est une fresque imaginaire créée spécialement
l’hiver 2006/2007 pour l’Opéra National de Paris,
exposée de janvier à avril 2007 sous forme d’une
bâche en façade du Palais Garnier. La Seine, peuplée
d’une faune sous-marine exotique et de vacanciers qui s’adonnent
aux plaisirs nautiques, semble submerger les principaux monuments
parisiens, dans une vision surréaliste insensée qu’exprime
parfaitement le titre de l’œuvre
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