Pour
la rentrée, la galerie présente
le travail de l'artiste Anversois Guy Mees (1935-2003). Reconnu vers
la fin des années 60 pour ses actions, à caractère écologique,
dont l'une, célèbre, fut le projet "Water te Water" réalisé en
1970. Du haut du nouveau pont de Zelzate, une boule transparente
en Plexiglas, remplie d'eau pure est lancée dans l'eau polluée
du canal Gand-Terneuzen. Le rapport, l'information et la documentation
de cette action furent montrés en photo et en film à la
Galerie X-One. Le film connut une grande notoriété parmi
les artistes. Il la devait au mouvement et au passage du temps, mais
surtout à son caractère immatériel, sans objet.
La réduction au plus pur, l'immatérialisation de l'oeuvre
d'art par l'emploi d'éléments naturels, symboles d'absolu,
de pureté, caractérise le parcours de Guy Mees.
Espace Perdu, Verloren
Ruimte, est le titre général
donné par Guy Mees à deux importants ensembles d'oeuvres.
Le premier ensemble comprend les oeuvres avec dentelles, avec ou
sans néons crées entre 1960 et 1966; le second, les
papiers découpés dans du papier de couleur et épinglés
au mur à partir de 1983. Les grandes feuilles composées
avec leurs indications de couleurs sensorielles deviennent presque
invisibles et coïncident quasiment avec la surface du mur. Le
spectateur ne peut voir les touches de pastel qu'en se déplaçant
du mur. Les adjonctions au pastel s'organisent et jouent avec le
joint des feuilles. L'espace ainsi créée est abstrait
et n'est déterminé que par les lois de la couleur.
La couleur devient autonome, et le support papier ne l'emporte que
de peu sur le rayonnement de la couleur.
Dans les installations
de plinthes réalisées dans
sa propre maison, le mur devient socle, la base d'un espace d'habitation
et les limites de la peinture et de la sculpture sont délaissées
pour créer une symbiose avec l'architecture. En peignant,
Guy Mees a ressenti un plaisir sensuel qui lui rappelait l'euphorie
ressentie dans son enfance dans l'atelier de son grand-père
qui tenait une entreprise de peinture. Inconciliable avec la réalisation
d'un tableau, il a pu renouer avec ce souvenir en peignant ces plinthes,
agenouillé dans la position d'un homme de métier et
travaillant dans la même précision. Une manière
consciente de pratiquer la peinture. A la galerie sont exposées
quelques photos granuleuses en noir et blanc et de grand format sur
lesquelles Mees a tracé une ligne au pastel à l'endroit
où se trouve la plinthe. Il ne s'agit pas d'une reproduction,
mais d'un souvenir abstrait, une impression de lumière et
de dynamisme.
For September, the gallery present the work of Guy Mees (1935-2003),
an artist from Antwerpen. Well known at the end of the sixties for
his ecologistactions, one of them was the famous project Water te
Water made in 1970. From the top of the new bridge of Zelzate, a
transparent ball of plexiglas, full of pure water is thrown in the
polluted water of the Gand-Terneuzen canal. The report, informations
and documentations of the action are shown in pictures and movie
at the X-One Galerie. The movie as been major in the artistic back-ground
for the movement, and time passing expressed, especially for the
immaterial and unobject feature. The reduction at its purest degree,
the immaterialisation of the work of art, by the use of natural mediums,
symbol of absolute, purity, characterize Guy Mees's progress.
Lost Space, Verloren Ruimte,
is the general title gave by Guy Mees for two important group of
works. While the first group includes
lace-covered works, with or without neon lights created from 1960
to 1966, the second group includes cut colored papers just pined
on the wall realized from 1983. The great composed leaves with their
sensorial color indications become almost invisible and coincide
almost fully with the wall surface. The pastel additions float between
the different leaves of paper. The space thus created is abstract
and only determined by the color’s low. color is free and the
paper ground just surpass the color radiations.
Considering the installation
of plinths realized in his own house, the wall become like a sculpture
base, the bases of an accommodation
space and the limits of painting and sculpture are all abandoned
to create a symbiosis with architecture. While painting, Guy Mees
felt a sensual pleasure that made him remember the euphoria he was
feeling in his childhood at his grandfather’s studio, in fact
he owned a painting company. His memory couldn’t match with
the realization of a painting on canvas, it could only be caused
by a painting of plinths, like a craftsman, on one’s knees
and with the precision it need. It had been a conscious manner of
painting. At the gallery are shown some great pictures on which Mees
did draw a pastel line where the plinth was. It’s not a reproduction
but the draw of an abstract memory, an impression of light and dynamism.
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