L'exposition présente les nouveaux travaux
de deux jeunes artistes qui partagent le même goût pour
la musique noise et la culture rock. Sans en faire le sujet de leurs
travaux, la prégnance référentielle de ces cultures
underground apparaît en trame de fond de leurs oeuvres comme
un ciment culturel commun. Il n'est pas question d'illustrations
ou de jeux avec les codes visuels pop, ils privilégient plutôt
une approche elliptique qui intègre parfaitement les valeurs
et concepts liés aux cultures dites alternatives.
Deux expositions monographiques se développent dans des espaces
différenciés, les salles noires et sombres au plafond
bas pour Amy Granat, les blanches sous structures métalliques
pour Nicolas Fenouillat.
La première travaille la projection 16 mm qu'elle agence
dans des installations complexes mêlant tirages argentiques,
architecture et amplis guitare ronflant branchés directement
sur les projecteurs. La couleur noire traverse l'ensemble de son
oeuvre et nous plonge dans un univers de synthèse entre rock
noise et monochrome. Elle n'hésite d'ailleurs pas à qualifier
son travail de « noise painting ». Amy Granat réalise
des films sans caméra en utilisant la bande dans sa matérialité,
qu’elle brutalise à l'aide de lames de rasoir, de perforeuses,
ou d’autres objets. Son travail sur le film 16 mm troué ou
gratté laisse une place au hasard en offrant cependant une
qualité graphique et un son précis. Le cycle infini
des films mis en boucle se lie au cycle de la vie à la mort,
du noir au blanc, du son au silence dans une dialectique à la
fois belle et angoissante.
Le second conçoit de petits arrangements avec la réalité,
il opère par glissement, aime les installations poétiques
et ouvertes. Ses environnements se situent entre le quotidien et
le rêve. Ils rappellent la puissance permanente de la contingence.
A travers ses vidéos et ses installations, il traite de sujets
quotidiens qui rappellent le film Stalker de Tarkovski. Comme dans
la Zone de Tarkovksi, un regard peut être lourd de significations
surréelles, familières aussi bien qu’utopiques.
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