Dans le cadre du cycle consacré à la
culture kawaï (mignon, vulnérable, en japonais), la jeune
plasticienne rémoise Hélène Paris, diplômée
de l’ESAD, présente l’installation perso moi je
: une quinzaine de personnages cousus dans du coton blanc marqué de
lignes brisées, comme un morse à déchiffrer
; des dessins automatiques, tracés erratiques et fleuris,
nuages d’un pays sans pluie, et tout un peuple étrange
taillé dans le feutre, qui erre comme des pulsions rendues
muettes, emmaillotées dans les limbes de l’innocence.
C’est la deuxième exposition du centre
culturel qui se propose d’explorer le mouvement kawaï,
très présent dans la culture populaire japonaise depuis
les années 80.
Ce mouvement marqué par le syndrome dit de Peter Pan, le
refus de grandir, s’exprime à la fois à travers
un merchandising puissant, organisé autour de centaines de
mascottes : Hello Kitty, Pucca, Totoro…, et dans l’art
contemporain qui, à l’instar de l’artiste phare
Takashi Murakami, stigmatise le monde moderne qui semble avoir appuyé sur
la touche pause de l’enfance et évoque des « cauchemars
féériques ».
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