Ceci n'est pas une exposition thématique.
Même s'il y a dans les démarches de chacun des artistes
invités, dans le choix des matériaux et des médiums,
dans la mise en oeuvre voire en scène des formes, quelque
en-commun. Si les mots, la langue, l'écriture font office
de matière première dans la production artistique de
La Ribot, Barbara Mühlefluh et Philippe Cazal, chacun à sa
manière, il est clair que ce n'est pas le cas dans l'art de
faire bouche cousue, sans parole ni légende, que cultivent
de concert John Wood & Paul Harrison. Si le travail de La Ribot,
comme celui de John Wood & Paul Harrison, est effectivement fondé sur
la performance, en mode post-dada chez l'une, tendance post-keaton
chez les deux autres, Philippe Cazal et Barbara Mühlefluh sont
en revanche physiquement absents dans tout ce qu'ils nous présentent.
Si nous voulions absolument trouver un point commun entre les différents
travaux ici exposés, peut-être qu'il faudrait noter
et analyser le fait qu'ils sont tous in fine montrés sans
gravité. Une absence de gravité que nous sommes invités à réfléchir
tout à la fois au sens dramatique et newtonien du terme. Humour
british chez Wood & Harrison, pour nous guider dans une sorte
de parc d'attractions terrestres. Montagnes russes chez Barbara Mühlefluh,
pour faire la foire avec les hauts et les bas qu'il y a dans toute
vie. Messages codés chez Philippe Cazal, pour prendre à contrepied
les codes typographiques, apprendre à rire entre les lignes.
Hystérique hilarité chez La Ribot, pour que s'écroule
(de rire) tout ce qui se présente à la verticale :
murs, spectacles et autres formes de représentation.
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