Cette
exposition a été pensée
par Thierry Kuntzel en fonction du lieu, un château du 15ème
siècle où se déploient, depuis 1985, les salles
du Musée de Rochechouart. Les œuvres de la collection
forment les points d’ancrage de l’exposition. Tu (1994)
est installée dans une des tours au deuxième étage,
tandis que le Tombeau d'E.A. Poe (1994) occupe une grande partie
des combles du château. Autre temps fort de l’exposition,
la présentation de Tampico (non lieu) (1993), une installation
vidéo qui n'a pas été montrée depuis
l'année de sa création. Tout comme Memory (1976) et
Here, There Then (1977), elle fait partie des œuvres déposées
par l'artiste au Musée.
Chacune à leur manière, ces installations interrogent
notre perception du temps. Tu réunit huit grandes photographies
et une projection vidéo. Sur celle-ci, on voit un morphing
qui a permis de créer « l’entre-image »,
de combler le vide entre les photographies et les souvenirs.
Le
tombeau d’Edgar Allan Poe, fait partie d'une série
commencée en 1974. Sur une porte en verre sablé est
gravé « Nevermore » (« jamais plus »).
Ce mot est celui prononcé sans cesse par un corbeau dans un
célèbre poème de l'écrivain anglais.
A l'intérieur de la salle, inaccessible, un tombeau est posé sur
le sol. Des pulsations lumineuses passant du bleu au blanc sont synchronisées
sur un rythme cardiaque.
Remémoration, reconstitution, oubli et effacement, les œuvres
de Thierry Kuntzel cherchent la précision, le bon moment,
la bonne intensité. Here There Then (1977) est composée
de trois mots lumineux et d’une plaque de marbre. La dispersion
de ces éléments empêche de les saisir ensemble,
au spectateur d’agencer mentalement son unité. Memory
(1974), elle, se décline en 12 néons blancs placés
en enfilade et à l’intensité lumineuse décroissante.
Né à Bergerac en 1948, Thierry Kuntzel est d'abord
connu comme théoricien du cinéma. C'est dans les années
1970 qu'il réalise ses premières œuvres. Parmi
ses expositions les plus marquantes citons son exposition au Jeu
de Paume (1993) et récemment ses rétrospectives au
Musée des Beaux-arts de Nantes et au Fresnoy. Si le travail
de Thierry Kuntzel est souvent cité pour sa pratique de la
vidéo, ce médium n'est qu'un des supports choisis par
l'artiste pour analyser les mécanismes de la perception et
interroger la représentation de la mémoire et de l’inconscient.
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