Emmanuel Fillot poursuit son chemin sur les cimes,
sur les rivages,à la recherche de formes sur les souches des
arbres, sur les pierres, sur le sable.
Il les cueille à la naissance du regard, autant de formes et
de matériaux qu'il fait dialoguer
dans son æuvre, initiation aux secrets de la nature.
Il y a longtemps, il nous emmenait dans des lieux étranges,
Ie Grand Nord peut-être,
où des formes épurées parlent à l'absence,
belles, graves et saisissantes.
Elles disaient le mouvement à ses balbutiements. Puis le mouvement
gagna
la pierre dans des équilibres subtils ou des épopées
suggérées par une forme et un nom ;
ainsi “le maître de la cascade piene”, “apparition
blanche”, “le sceau du petit soir”...
De déplacements en dégagements, Emmanuel Fillot,
farouche autodidacte, défriche des voies vers l'Asie. Ying et
Yang, campant dans leurs identités,
mélangent leurs qualités. Ying et Yang aux visages de
pierre et de bois échangent entre tension
et mouvement. Voyageur émerveillé, Emmanuel Fillot a
creusé aussi du côté du continent africain,
des voies originales. De ses contacts avec les artisans maliens, il
a imaginé un ensemble
d'oeuvres fugitives, des æuvres ou des cosmos. Calebasses, pierres,
bois réunis dans des architectures cristallines donnent à goûter
le monde en personne,
le cycle du jour et les étoiles,
Plus récemment, ses pas ont conduit Emmanuel Fillot vers
le Brésil où il établit
une passerelle avec l'Afrique dans la musique et la nature. Aujourd'hui,
transporté par la fête et la polyphonie des cultures, il développe
un ensemble
d'oeuvres où le soleil, dans la transparence du matériau, éclaire
les visages des femmes,
où le colibri emporte la pierre vers son avenir.
Catherine Zittoun. février 2006
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