(Part
1) Philippe
Parreno
Born 1964 in Oran, Algeria
Lives and works in Paris, France
Comme de nombreux artistes ayant émergé sur
la scène artistique au début des années quatre-vingt-dix,
Philippe Parreno a souvent produit des œuvres directement issues
de l’univers cinématographique ou télévisuel,
où le langage, la temporalité, et la narration semblent
prédominants. No more reality, une manifestation d’enfants
avec banderoles et slogans orchestrée par l’artiste
en 1991, ou encore, la même année, Welcome to Twin Peaks,
réplique du panneau inaugural du feuilleton télévisé de
David Lynch, ou encore Paf, le chien, sculpture en forme d’épagneul
naturalisé dont le nom réduit l’environnement
audiovisuel national en une blague très courte, etc... Nombreux
sont les exemples d’œuvres le concernant qui investissent,
parfois littéralement, le champ du cinéma – il
utilisa à plusieurs reprises les effets spéciaux dans
ses œuvres et expositions – jusqu’à la réalisation,
souvent en collaboration avec d’autres, de films et de vidéos.
Yves Lecoq se prêta plusieurs fois aux mises en scènes
de l’artiste. Personnage principal d’un film tourné à Firminy
en 1994, La nuit des héros, l’humoriste remixe sentences
et pensées sur l’art empruntées à divers
artistes, de Joseph Beuys à Andy Warhol, avec les voix de
célébrités du grand et du petit écran,
de Jean-Luc Godard à Jean-Paul II. À la fois film et éléments
de décors, l’œuvre se situe dans cet écart. À l’occasion
de l’inauguration du MAC de Marseille, la même année,
Philippe Parreno collabora à nouveau avec le célèbre
imitateur pour court-circuiter, en amont, le discours officiel du
ministre de la Culture (L’ordre du discours). Lors de l’inauguration
de l’exposition Surface de réparations 2, le 29 octobre
1994, Philippe Parreno organise un nouvel événement
avec Yves Lecoq. Autour de quelques accessoires rudimentaires, un
micro factice, quelques enceintes factices elles aussi et simplement
recouvertes de voiles colorés, l’imitateur lit simplement
une histoire. Empruntant successivement les voix de Jacques Chirac,
Johnny Hallyday, Edouard Balladur, Bernard Tapie, Philippe de Villiers,
Jean-Pierre Foucault, Sylvester Stallone, et Patrick Poivre d’Arvor,
il raconte l’histoire de Dragon Ball, héros d’un
manga japonais doté de nombreux pouvoirs magiques. La voix
n’étant pas amplifiée, l’audience se rapproche
du conteur. L’anti-mise en scène du spectacle médiatique
produit des effets de proximité. Après cette séance “personnalisée”,
demeurent les restes de cet instant, coquilles vides d’un non-événement.
Dans un entretien publié peu après, l’artiste
s’en explique ainsi : « Mon travail avec Yves Lecoq...
vient d’une fascination pour lui qui remonte à mon enfance
: il était pour moi la télévision à lui
tout seul, puisqu’il pouvait en reproduire toutes les voix
(la figure dans tous ses états porte le beau nom de métamorphose).
Mais le projet, à la fin, tourne autour de Lecoq en tant qu’homme
public. Ce qui m’intéressait, c’était autant
la présence de Lecoq que le mouvement du public autour de
lui, de voir le public s’approcher quand il parlait dans un
micro débranché. C’est une affaire de vampirisme,
une lutte d’influence, entre la télévision (Lecoq)
et le public (moi)... »(1)
Yannick Miloux
(1) « Philippe Parreno, réalité virtuelle ».
Entretien avec Nicolas Bourriaud, Art Press, décembre 1995,
n°208, p. 43
(Part
2) Domino
Une exposition collective, initiée avec une
seule oeuvre d’Ingrid Luche,
qui se construit pendant soixante-dix huit jours sur le modèle
d’une partie de dominos avec des joueurs multiples...
Le point de départ est «Sydne Rome», une oeuvre
d’Ingrid Luche.
Cette oeuvre, comme dans un jeu de domino, engendre deux pistes l’une
avec Saul Fletcher sur la gauche et l’autre avec Dorothy Iannone
sur la droite. Chaque oeuvre est suivie par une autre qui lui est
associée. L’espace d’exposition,
dont deux salles sont encore vides, va se remplir progressivement.
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